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Une boîte de Pandore?

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Photo d'archives, AFP Les paris sportifs sont extrêmement lucratifs aux États-Unis. Sur la photo, de nombreux amateurs de sports sont réunis au Race & Sports SuperBook, une salle de paris de Las Vegas.

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Si vous n’avez jamais été intéressé par la mythologie grecque, romaine ou autre, le nom de Pandore ne vous dit absolument rien. Alors, voici un cours accéléré à ce sujet.

Dans la mythologie grecque, Prométhée vola le feu aux dieux pour le donner aux hommes. Pour se venger, Zeus ordonna à Vulcain de créer une femme faite de terre et d’eau. Elle reçut des dieux de nombreux dons : beauté, flatterie, amabilité, adresse, grâce, intelligence, mais aussi l’art de la tromperie et de la séduction. Ils lui donnèrent le nom de Pandore, qui en grec signifie « doté de tous les dons ».

Elle fut ensuite envoyée chez Prométhée. Épiméthée, le frère de celui-ci, se laissa séduire et finit par l’épouser. Le jour de leur mariage, on remit à Pandore une jarre dans laquelle se trouvaient tous les maux de l’humanité. On lui interdit de l’ouvrir. Par curiosité, elle ne respecta pas la condition et tous les maux s’évadèrent pour se répandre sur la Terre.

Et lorsque je pense à la décision de la Cour suprême des États-Unis de légaliser les paris sportifs, je me demande si on n’est pas en train d’ouvrir une boîte de Pandore dans les sports, professionnels ou amateurs.

Les six sports majeurs d’Amérique, soit le baseball, le football, le hockey, le basketball, le golf et le soccer, se frottent les mains à l’idée de voir une source additionnelle de revenus leur être présentée sur un plateau d’argent. Car ils veulent tous avoir une part du gâteau d’un montant estimé entre 60 et 150 milliards de dollars qui sont pariés annuellement dans ce domaine. La coalition des pros exigerait un montant variant entre 0,25 et 1 pour cent des profits générés par les paris sportifs.

Et les propriétaires d’équipes estiment que la valeur de leurs concessions a possiblement doublé depuis le jugement de la Cour suprême.

Inquiétudes dans le baseball

En ce qui concerne le baseball majeur, on est inquiet des répercussions de cette décision.

Déjà, le vice-président senior responsable de la sécurité, des enquêtes et du respect des règlements, Bryan Seeley, a déclaré qu’une des règles d’or du baseball ne sera modifiée en rien : tous les joueurs, officiels, dirigeants d’équipes et leurs employés ne peuvent parier de façon légale ou autre sur un match de baseball et ne peuvent parier sur aucun sport en logeant un pari auprès d’un preneur aux livres illégal.

Par contre, Seeley a ajouté que les dirigeants du baseball majeur devront réviser leurs règlements pour s’assurer que toute possibilité d’une échappatoire soit éliminée.

Un autre aspect qu’il ne faut pas négliger, c’est la sécurité des athlètes et des officiels au moment où ils se rendent aux ou encore quittent les stades. De gros parieurs pourraient être tentés de faire un mauvais parti à l’un d’eux s’ils le tiennent responsable de l’échec de leurs paris.

Quant à la possibilité que des gens du milieu interlope puissent chercher à soudoyer un athlète ou un officiel pour influencer le résultat d’un match, disons que la possibilité est moindre de nos jours qu’au moment du scandale des Black Sox de Chicago.

En effet, le salaire moyen d’un joueur de baseball majeur est de 4,52 M$ cette saison et le salaire minimum est de 555 000 $.

Donc, cela prendrait tout un magot pour inciter un joueur à accepter d’influencer le résultat d’un match, sans oublier qu’il n’est pas le seul responsable de l’issue de la rencontre.

Pour ce qui est des arbitres, les plus expérimentés peuvent toucher quelque 350 000 $ par année tandis que les recrues commencent avec un salaire de 120 000 $. Et au baseball, il y a quatre officiels sur le terrain durant un match de saison régulière, mais un seul derrière le marbre qui juge tous les lancers.

Marqueurs officiels

Enfin, il ne faut pas oublier les marqueurs officiels, les moins bien rémunérés de tous, qui doivent juger si une balle frappée est un coup sûr ou une erreur...

Plus j’y pense, plus cette décision de la Cour suprême des États-Unis a ouvert une boîte de Pandore !

Rickey Henderson, un cas unique

Plusieurs des membres du club select des 3000 coups sûrs ont passé toute leur carrière avec la même équipe.

C’est le cas de Ty Cobb et d’Al Kaline avec les Tigers, de Stan Musial avec les Cards, de Carl Yastrzemski avec les Red Sox, de Tony Gwynn avec les Padres, de Craig Biggio avec les Astros, de Roberto Clemente avec les Pirates, de George Brett avec les Royals et de Cal Ripken Jr. avec les Orioles.

Mais Rickey Henderson, lui, a éparpillé ses 3055 coups sûrs avec neuf équipes, sans oublier quatre séjours avec les A’s.

Tony Gwynn, dans une classe à part

L’ancien des Padres de San Diego Tony Gwynn doit être considéré comme l’un des cogneurs les plus réguliers de son époque.

Le solide frappeur gaucher a d’ailleurs affiché une moyenne au bâton supérieure à ,300 au cours de 19 saisons d’affilée avec la même formation, un exploit remarquable.

Gwynn a terminé sa carrière avec une moyenne de ,338, la 18e meilleure de l’histoire, et il peut aussi se vanter d’avoir eu un rendement offensif de ,415 contre l’excellent lanceur Greg Maddux.

Il a réussi ses 2000e et 3000e coups sûrs le jour de l’anniversaire de sa mère, soit le 6 août 1993 et 1999.

Jose Canseco, tout un frappeur !

Jose Canseco a été un joueur controversé tout au long de sa carrière. L’ancien frappeur de puissance a toutefois laissé sa marque avec plusieurs équipes.

En effet, son nom figure parmi les 10 meilleurs frappeurs de circuits d’une campagne de trois des formations pour lesquelles il a joué.

Il a réussi 44 longues balles avec les A’s d’Oakland en 1991 et 42 avec les A’s en 1988 tandis qu’il en avait claqué 46 dans l’uniforme des Blue Jays de Toronto en 1998. Il devait en obtenir 34 avec la formation de Tampa Bay en 1999.

Le circuit de Joe Carter

Les gens se souviennent du dramatique coup de circuit de Bill Mazeroski, des Pirates de Pittsburgh, aux dépens des Yankees de New York, circuit qui a donné la victoire aux Pirates en Série mondiale 1960.

Il a fallu attendre 33 ans avant d’assister à un tel exploit dans la Ligue américaine, soit lorsque Joe Carter, des Blue Jays de Toronto, a claqué un circuit aux dépens de Mitch Williams, des Phillies de Philadelphie.

Si le circuit de Mazeroski avait été réussi en solo pour mettre fin au septième match de la Série mondiale, celui de Carter avait produit trois points, en fin de neuvième manche du sixième match.