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Funambule de bonheur

Funambule de bonheur
courtoisie

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À travers mes chroniques au cours des deux dernières années, j’ai abordé : l’estime de soi, les milléniaux, la beauté, l’échec, le consentement, l’homophobie, le mensonge, le féminisme, la maladie mentale, le divorce, les menstruations, l’école, et l’amitié. J’étais vraiment à deux trois enjeux d’être un épisode de 30 vies.

Par contre, il y a un sujet dont je n’ai jamais parlé ; c’est le bonheur. Pourquoi ? Parce que j’évite de me prononcer sur des sujets que je connais mal. Pour moi, pendant longtemps, le bonheur c’était un peu comme quand mon chum me disait qu’il ne regardait pas de porn... je n’y croyais pas.

Je n’y croyais pas, parce que ma conception du bonheur était illusoire, mise en scène, et inatteignable. Au fond, je confondais le bonheur avec les pitounes d’Instagram !

Il n’y a pas de secret, le bonheur, ça ne se trouve pas. Et maudit qu’il est fatiguant l’autre : «Il est où le bonheur, il est où?»
-«On le sait pas ok Christophe!? Sacre-nous patience! »

Par contre, ce que je sais, c’est que le bonheur ne réside pas dans la perfection, mais dans l’équilibre.

C’est comme si on allait voir un spectacle de cirque. On pense que le bonheur, c’est la finale avec les gros feux d’artifices coordonnés à la perfection, mais ça, c’est de la poudre aux yeux. Ce qui est intéressant, c’est le numéro d’équilibriste.

Le bonheur, c’est une ligne fine fine fine sur laquelle on doit avancer en s’ajustant pour ne pas flanquer le camp d’un côté ou de l’autre. Idéalement, le but serait de tendre vers la perfection, mais de ne jamais y arriver. Parce que l’équilibre, contrairement à la perfection, n’est pas linéaire. N’est pas plate.

De toute façon, la perfection n’existe tellement pas, qu’elle n’impressionne personne, parce qu’on la sait fausse. Si tu regardes le funambule sur sa corde super raide et qu’il n’oscille jamais moindrement, tu vas trouver ça ennuyant ou croire que c’est truqué. D’autant plus que si tu le vois traverser du point A au point B sans vasciller une seule fois, ce qu’il fait va te sembler facile.

Ce qui est réellement impressionnant, c’est quand malgré un déséquilibre, le funambule arrive à se recentrer et à poursuivre son chemin. C’est de voir comme il s’est adapté pour pas tomber qui coupe le souffle des spectateurs, pas son trajet sans difficulté.

Je crois qu’en arrivant à t’adapter aux situations qui te font un peu fléchir les genoux, c’est là que tu trouves ton équilibre. Une fois que tu contrôles ton centre de gravité, tu peux faire des steppettes à n’importe quelle altitude et c’est là que le plaisir commence.

Si tu trouves ça trop difficile, peut-être que ta ligne est trop tendue. Il n’y a pas de bonheur sans indulgence. Slaque un peu, tu vas voir que ça rebondira moins fort quand tu t’enfarges.

Si j’aborde ce sujet aujourd’hui, c’est parce que maintenant, le bonheur fait partie des choses que j’ai apprivoisées. Je ne le maîtrise pas parfaitement, mais the show must go on, je me permets d’improviser. J’ignore ce qui va en être de la fin de l’histoire, mais pour l’instant, je m’enligne pas mal vers un milieu heureux.

C’est fou parce que je suis tellement loin du p’tit pétard mouillé que j’étais il n’y a pas si longtemps. Ma thérapie est terminée, mes bobos ont cicatrisé, j’ai même recommencé à porter des shorts en été. (Je ne suis toujours pas capable d’arrêter de rimer, je vais y travailler.)

Faut dire que j’suis chanceuse et je le sais. Je suis en santé, j’ai 21 ans et on m’offre du travail, j’ai des amis allumés, mon chum ne s’est toujours pas tanné de moi. (Les miracles existent!) Mais ce dont je suis la plus fière, ce qui est ni une question de chance, ni de hasard, c’est que dans mon CV, à côté de comédienne, auteure et chroniqueuse, je vais pouvoir ajouter «funambule de bonheur».
 

► Vous pouvez entendre Rosalie Bonenfant sur les ondes du 107,3 Rouge tous les vendredis matin à 7 h 30.