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Un Wild West Show divertissant et déjanté

Un spectacle qui tire dans toutes les directions

Alexis Martin et Jean-Marc Dalpé dans la pièce de théâtre <i>Le Wild West Show</i> de Gabriel Dumont.
Photo courtoisie, Jonathan Lorange Alexis Martin et Jean-Marc Dalpé dans la pièce de théâtre Le Wild West Show de Gabriel Dumont.

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Comédie déjantée, éclatée et qui tire dans toutes les directions, le Wild West Show de Gabriel Dumont raconte, d’une façon divertissante et réussie, une page d’histoire sombre et méconnue du Canada.

À l’affiche une dernière fois, vendredi, à La Bordée, à l’occasion du Carrefour international de théâtre, Le Wild West Show de Gabriel Dumont raconte, sous la forme d’un grand cabaret théâtral, l’histoire qui a mené à la Bataille de Batoche.

En 1885, le premier ministre John A. Macdonald, qui souhaite accélérer la construction d’un chemin de fer pancanadien, ordonne aux forces canadiennes de mettre fin à un mouvement de résistance métis aux abords de la rivière Saskatchewan.

Chasseur de bison, Gabriel Dumont, a même réussi à convaincre Louis Riel, artisan d’une résistance métis au Manitoba, en 1869 et 1870, de venir lui donner un coup de main afin d’ouvrir une voie politique.

Les Métis, qui souhaitaient protéger leurs terres, ont déposé une pétition au premier ministre Macdonald. Le conflit a dégénéré et les forces canadiennes ont remporté la Bataille de Batoche.

Après s’être exilé aux États-Unis, Gabriel Dumont s’est retrouvé dans les spectacles du légendaire Wild West Show de Buffalo Bill, où il personnifiait un révolutionnaire. Il rêvait de raconter l’histoire des Métis dans un spectacle à grand déploiement. Le Wild West Show de Gabriel Dumont est la réalisation de ce rêve jamais réalisé.

Plaisir au rendez-vous

Objet théâtral, écrit par Jean-Marc Dalpé et Alexis Martin et huit auteurs issus des communautés francophones, anglophones, autochtones et métisses, on retrouve des éléments dramatiques, de l’humour, de la musique, des chansons, de la danse, des projections vidéos et des segments aux allures de comédie musicale dans Le Wild West Show de Gabriel Dumont.

Alexis Martin et Jean-Marc Dalpé dans la pièce de théâtre <i>Le Wild West Show</i> de Gabriel Dumont.
Photo courtoisie, Jonathan Lorange

Le spectacle est d’abord et avant tout un énorme divertissement. On raconte une histoire véridique, selon les versions des différentes communautés impliquées, avec justesse, mais aussi avec beaucoup d’ironie et quelques charges à l’endroit du gouvernement canadien de l’époque.

On retrouve toutes sortes de clins d’œil avec des allusions aux jeux télévisés, à la série Batman, aux Blues Brothers, à René Lecavalier et Don Cherry et il y même une référence, fort amusante, à la musique des mal-aimés de Nickelback. Il y a des anachronismes, des décrochages, du cabotinage et des moments déjantés. Ça tire pas mal dans toutes les directions.

On réussit même, habilement et aux bons moments, à toucher avec des éléments plus dramatiques, face à la façon que le gouvernement canadien a traité les autochtones et les Métis à l’époque.

L’équipe de comédiens, constituée de francophones, d’anglophones et d’autochtones, offre du jeu multidisciplinaire de qualité. Dominique Pétin est particulièrement amusante et désinvolte dans le rôle du premier ministre John A. Macdonald.

La multi-instrumentiste franco-manitobaine Andrina Turenne est une des révélations du Wild West Show de Gabriel Dumont. Elle chante, joue de la guitare, de la basse, des claviers et des percussions et livre avec habileté, la trame et les ambiances sonores du spectacle.

S’attaquer à un événement marquant de l’histoire du Canada pouvait s’avérer être une aventure risquée, mais la force et la réussite du Wild West Show de Gabriel Dumont repose sur cet alliage tout à fait hétéroclite de styles et de genres. C’est amusant, divertissant et c’est fait avec un désir de raconter et ramener une tranche de l’histoire du Canada assez méconnue. Ce n’est pas parfait, mais le plaisir est assurément au rendez-vous.