/news/currentevents
Navigation

Sommet du G7: la sécurité dissipée d’ici le 20 juin à La Malbaie

Une quinzaine de manifestants de droite sont arrivés à la «zone de libre expression» en brandissant des drapeaux du Québec.
Photo Arnaud Koenig-Soutière Une quinzaine de manifestants de droite sont arrivés à la «zone de libre expression» en brandissant des drapeaux du Québec.

Coup d'oeil sur cet article

LA MALBAIE | Le Sommet du G7 est maintenant chose du passé à La Malbaie, mais ce n’est que d’ici le 20 juin que les mesures de sécurité visible seront complètement dissipées.

Déjà en début de soirée, samedi, certaines rues soumises à une surveillance accrue ont été rouverte à la libre circulation.

«Pour tout ce qui est visible à l’œil nu, le délai de ramassage est le 20 juin, soit avant la période de la Saint-Jean-Baptiste», a indiqué le maire Michel Couturier, tandis que les convois diplomatiques quittaient la ville à l’issue des deux jours qu’a durés le G7.

M. Couturier a dressé un bilan «au-delà » de ses attentes, notamment pour les répercussions touristiques et infrastructurelles qui découlent de l’événement. Mais surtout « pas de casse, s’est-il réjoui. C’est tout le contraire qu’on pensait avant le début du G7.»

Nationalistes et communauté vietnamienne

La «zone de libre expression» s’est justement animée pour la dernière journée du Sommet du G7, samedi, alors que plus d’une centaine de manifestants s’y sont réunis sur l’heure du midi, dont des membres de la communauté vietnamienne et un groupe nationaliste québécois. Les protestataires vietnamiens ont été les premiers à débarquer sur place un peu avant midi, eux qui arrivaient notamment de Montréal, Sherbrooke et Toronto.

Une quinzaine de manifestants de droite sont arrivés à la «zone de libre expression» en brandissant des drapeaux du Québec.
Photo Pascal Huot

 

Une quinzaine de manifestants de droite sont arrivés à la «zone de libre expression» en brandissant des drapeaux du Québec.
Photo Pascal Huot

C’est la participation du premier ministre Nguyan Xuan Phuc à une discussion sur les océans à l’occasion du G7 qui soulève l’ire de la diaspora vietnamienne. Celle-ci s’est réunie simultanément à La Malbaie, à Vancouver et à New York, en plus de certains endroits en Australie et en Europe, selon l’une des organisatrices Holy Ma.

Une quinzaine de manifestants de droite sont arrivés à la «zone de libre expression» en brandissant des drapeaux du Québec.
Photo Pascal Huot

 

Une quinzaine de manifestants de droite sont arrivés à la «zone de libre expression» en brandissant des drapeaux du Québec.
Photo Pascal Huot

Une catastrophe écologique a bouleversé le Vietnam, en 2016, après qu’un déversement de produits toxiques attribué à une aciérie taïwanaise ait entraîné la mort de plus de 100 tonnes de poissons. Selon les manifestants, il est «contradictoire» et «illogique» que M. Phuc soit invité pour discuter d’environnement puisqu’il «viole les normes environnementales dans son propre pays». Les conséquences économiques sont particulièrement affligeantes pour les pêcheurs, pointent-ils, qui «vivent dans la misère» depuis l’incident.

«Le Canada importe du poisson du Vietnam. Ou pourrait manger du poisson empoissonné sans le savoir», a averti Mme Ma.

«Vive le nationalisme»

Le groupe nationaliste Québec libre en action s’est ensuite invité vers 12h30, effaçant la présence des Vietnamiens, qui ont quitté quelques minutes plus tard. Une quinzaine de membres brandissaient des drapeaux du Québec. Le groupe portait un message éminemment nationaliste, alors que les discours et les slogans antimondialisation étaient légion.

«Un jour, le Québec sera un pays et on ne sera pas assis avec eux. On n’a pas besoin d’eux», pestait John Hex, le porte-parole du groupe, en référence aux chefs d’État rassemblés à quelques kilomètres de là au Manoir Richelieu.

De l’avis même du porte-parole, la mobilisation a été difficile en raison du «manque de temps» et de la distance à parcourir pour atteindre La Malbaie. «La plupart de nos habitués sont là, a mesuré John Hex. On est quand même satisfaits.»

Confrontation

Les manifestations individuelles ont donné lieu à un face à face houleux, une trentaine de minutes après l’arrivée des nationalistes. Ces derniers ont été irrités par la pancarte brandie par un résident de La Malbaie, où l’on pouvait lire «Nous sommes tous des immigrants».

«Je vais te l’arracher, ta pancarte», a d’ailleurs menacé un homme qui défilait avec Québec libre en action, avant qu’un autre ne lâche que les « immigrants et les colons, ce n’est pas pareil » puisqu’ «il n’y avait rien avant, sauf des Indiens».

Une femme identifiée au groupe nationaliste et le résident à la pancarte se sont alors engagés dans un échange verbal plutôt houleux.

«C’est un dialogue de sourds, mais je trouvais important qu’il y ait une contrepartie à leur message. Ils pensent que c’est la majorité qui pense comme eux, alors que c’est une minorité», a expliqué Guillaume Lespérance, qui était aussi sur place samedi pour dénoncer l’enveloppe de 600M$ consacrée à l’organisation du Sommet du G7.

Les deux orateurs improvisés se sont finalement entendus sur le fait qu’ils n’allaient pas s’entendre, s’échangeant une tape dans la main pour officialiser ce constat. «Je suis resté dans la patience et le respect de l’autre. On ne peut pas enseigner à ces gens-là», a commenté, après coup, celui qui est enseignant au quotidien.