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G7: Trump a semé la confusion chez ses alliés avec un tourbillon de déclarations fracassantes

Heads Of State Attend G7 Meeting - Day Two
AFP

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QUÉBEC – Donald Trump a quitté le G7 comme il est arrivé, dans un tourbillon de déclarations fracassantes alors qu’il menace les autres pays du G7 d’une guerre commerciale, a attaqué le lait canadien et réclamé le retour de la Russie à cette table sélecte.

«Ça va changer [les tarifs et barrières tarifaires]. Les autres pays n’ont pas de choix. Si ça ne change pas, nous ne ferons pas de commerce avec eux», a lancé le président américain en conférence de presse, tout juste avant de quitter le G7 en matinée. «Nous sommes comme la tirelire que tout le monde vole. Et ça, c’est fini. On va réparer cette situation [le commerce]. Sinon, nous ne traiterons pas avec ces pays», a-t-il ajouté.

Du même souffle, il a dit souhaiter un monde «sans tarif, sans barrière tarifaire et sans subventions», pour ensuite dénoncer la gestion de l’offre du Canada pour le secteur laitier et affirmé que Justin Trudeau ferait une erreur s’il allait de l’avant avec des tarifs punitifs contre les États-Unis.

Les États-Unis ont imposé, il y a une semaine, une surtaxe sur l’acier et l’aluminium canadien et européen. Le Canada a immédiatement riposté en annonçant des tarifs semblables sur des produits américains.

Pour Krzysztof Pelc, politologue à l’Université McGill et auteur de Making and Bending International Rules [Créer et plier les lois internationales], ces déclarations sont en droite ligne avec la stratégie générale du flamboyant président.

«Les autres pays membres du G7 sont aussi confus et perplexes qu’ils l’étaient au début du sommet et ça semble être l’objectif principal de Trump», analyse M. Pelc.

Il estime qu’il n’est pas possible que le président américain puisse stopper le commerce avec un pays, ni qu’il soit réaliste d’envisager que le G7 devienne un espace commercial «sans tarif».

«Par contre il a fait réagir les autres, il a changé le débat», croit M. Pelc.

Autre exemple de la stratégie de Trump: il a indiqué en point de presse qu’une clause crépusculaire était pratiquement négociée pour être intégrée à l’ALENA. En après-midi, Justin Trudeau a dit exactement le contraire.

Comme à son arrivée, M. Trump a dirigé plusieurs attaques contre la gestion de l’offre laitière au Canada, affirmant qu’elle nuisait gravement aux producteurs américains, généralement situés dans des États nordiques ayant voté pour lui en 2016.

Une «exagération grossière», selon Richard Ouellet, spécialiste du droit international économique à l’Université Laval.

«Ça ne correspond pas avec la réalité», indique-t-il.

Même son de cloche pour Pascal Thériault, économiste et chargé de cours à l’Université McGill, qui souligne que l'agriculture américaine est subventionnée à coup de dizaine de milliards $ par année.

Par ailleurs, le milliardaire de 71 ans a persisté et signé sur une proposition provocante faite à son arrivée au Canada vendredi: élargir à nouveau le G7 à la Russie, qui en avait été exclue en 2014 après l’annexion de la Crimée. Il fait cette demande envers et contre tous, sauf l’Italie, seul allié dans ce combat. M. Trump est arrivé le dernier et reparti le premier du Manoir Richelieu, où les chefs d’État et de gouvernement se sont réunis pendant deux jours. Au matin, il était en retard pour un petit-déjeuner de travail consacré à l’égalité entre les sexes.