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Québec 2018: les caquistes s’imposent

Le parti de François Legault se dirige vers un gouvernement majoritaire

François Legault
Photo d'archives, Didier Debusschère François Legault

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La vague caquiste qui prend de l’ampleur dans l’électorat québécois emporterait au passage plusieurs ministres libéraux et laisserait des miettes au Parti québécois.

François Legault serait à la tête d’un gouvernement caquiste majoritaire avec 83 députés si des élections avaient lieu aujourd’hui, révèle une projection de la répartition des sièges réalisée par l’analyste Bryan Breguet à partir d’un sondage LCN/Léger mené auprès de 3234 répondants. Seules deux forteresses libérales tiennent encore : Montréal et l’Outaouais.

Les caquistes bénéficient de 37 % de l’appui populaire, une hausse de deux points depuis le mois dernier. L’écart demeure toutefois stable avec le Parti libéral du Québec (28 %), qui a aussi connu une légère augmentation dans les intentions de vote depuis la mi-mai. L’appui aux péquistes continue de dégringoler (19 %).

À partir de ces données, Bryan Breguet calcule que le clan de Philippe Couillard serait renvoyé dans l’opposition avec 33 députés et serait amputé de la majorité de ses ministres.

Rien ne va plus au PQ, qui ne serait même plus reconnu comme un parti politique à l’Assemblée nationale avec seulement cinq élus. Les troupes de Jean-François Lisée sont même délogées dans leurs châteaux forts en région. Québec solidaire maintient ses acquis et réussirait à dérober un siège aux péquistes, celui d’Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal.

« S’il y avait une soirée électorale aujourd’hui, c’est la razzia, c’est comme l’eau qui monte, quand elle monte, elle monte partout », analyse le sondeur Jean-Marc Léger.

Moreau et Lisée en danger

Si l’ouest de Montréal est encore peint en rouge, l’est de la métropole sera le théâtre de luttes à quatre. Les troupes de François Legault dominent dans la banlieue montréalaise et l’Estrie. Traditionnellement sympathiques aux libéraux, les électeurs de l’Outaouais ne sont pas sourds aux sirènes de la CAQ, qui talonne le PLQ.

Les ministres Pierre Moreau, Lucie Charlebois, Stéphane Billette, Nicole Ménard, Marie Montpetit et Luc Fortin perdraient leur siège, selon la simulation.

Chez les péquistes, le chef Jean-François Lisée, la vice-chef Véronique Hivon et le candidat-vedette Jean-Martin Aussant sont sérieusement en danger.

C’est un raz-de-marée caquiste à Québec et dans Chaudière-Appalaches. Les ministres Sébastien Proulx, François Blais, Véronyque Tremblay et Dominique Vien en font les frais et tirent de l’arrière face à leurs adversaires caquistes.

M. Legault perce également en région. Les citoyens de l’Abitibi, du Saguenay, de la Côte-Nord, et dans une moindre mesure du Bas-Saint-Laurent/Gaspésie, sont séduits par la CAQ.

En baisse de trois points depuis un mois, le PQ atteint à nouveau le plus bas score de son histoire. Et avec un maigre 7 % d’indécis, le coup de sonde démontre qu’une grande partie des Québécois ont déjà arrêté leur choix.

 


Nombre de sièges remportés selon la projection

  • CAQ: 83
  • PLQ: 33
  • PQ: 5
  • QS: 4

Intentions de vote

  • CAQ: 37 %
  • PLQ: 28 %
  • PQ: 19 %
  • QS: 9 %

 

Un système éprouvé

Bryan Breguet
Collaboration spéciale

Les projections utilisent les résultats de la dernière élection (2014) et les sondages récents afin de déterminer les conséquences des changements dans les intentions de vote.

Si un parti a, par exemple, augmenté de 5 % à l’échelle de la province, le modèle de calcul va transposer cette hausse dans chaque circonscription en fonction de la région, du candidat sortant et d’autres facteurs. Lorsque les données sont disponibles, les projections sont aussi ajustées à la moyenne des sondages dans chaque région.

Bryan Breguet
Photo courtoisie
Bryan Breguet

Ce sondage Léger ayant des tailles d’échantillon raisonnables dans les régions, il nous permet de mieux réaliser à quel point la CAQ est dominante, y compris dans des régions traditionnellement favorables au PQ.

Ce système de projection a prouvé qu’il fonctionnait au cours de multiples élections au pays. De telles projections donnent une bonne idée générale du résultat global (qui est favori, combien de sièges au total).

Il est cependant important de se souvenir que de telles projections sont à interpréter comme si l’élection avait lieu demain et non pas comme une tentative de prédire ce qui arrivera dans plusieurs mois. Aussi, la fiabilité de telles projections dépend largement de la fiabilité des sondages et quelques surprises sont toujours à prévoir. Aucune projection n’aura jamais un taux de succès de 100 %.


♦ Détenteur d’un bac en politique et économie de l’Université du Québec à Montréal et d’une maîtrise en économie de l’Université de Montréal, Bryan Breguet est l’analyste qui a fondé le site de projection de données de sondages Too Close to Call (Si la tendance se maintient.ca) en 2011.


♦ Lors de l’élection provinciale de 2014, Bryan Breguet avait prédit correctement l’issue du vote dans 106 comtés sur 125 et l’élection d’un gouvernement libéral majoritaire.


♦ Plus récemment, Bryan Breguet avait prévu la victoire des conservateurs en Ontario, malgré une remontée des néo-démocrates. Il avait alors prédit avec succès le résultat de 110 circonscriptions sur 124.