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Cri du cœur pour faire de l’éducation une priorité

Quatre regroupements s’unissent avant l’élection

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Créés récemment pour dénoncer des dérives du réseau scolaire, quatre regroupements citoyens s’unissent pour réclamer d’une seule voix que l’éducation devienne « l’enjeu numéro un » lors de la prochaine campagne électorale, a appris Le Journal.

Il s’agit d’une « action conjointe » comme il s’en est rarement vu dans le réseau de l’éducation au cours des dernières années. « C’est plus qu’urgent d’agir parce qu’on est vraiment en retard », lance Stéphane Vigneault, porte-parole du mouvement L’école ensemble.

L’initiative, qui sera officiellement lancée aujourd’hui, regroupe les mouvements citoyens suivants :

  • Je protège mon école publique, né de l’implication de milliers de parents préoccupés par les compressions en éducation en 2015
  • L’école ensemble, qui regroupe aussi des parents depuis juin 2017 qui revendiquent une école plus égalitaire afin de mettre fin à la « ségrégation scolaire »
  • Profs en mouvement, un groupe indépendant réunissant 5500 enseignants qui ont raconté leur désillusion dans un manifeste présenté ce printemps
  • Debout pour l’école !, un collectif lancé la semaine dernière réunissant plus de 200 citoyens issus principalement du milieu de l’éducation et préoccupés par les dérives du réseau scolaire.

Las des promesses qui ne se concrétisent jamais, ces citoyens veulent que le vent change une fois pour toutes en éducation. « On ne veut plus de bonnes intentions et de jolies propositions, on veut des engagements clairs », lance Suzanne-G. Chartrand, porte-parole du collectif Debout pour l’école!.

Réinvestissement majeur

Ces citoyens réclament haut et fort un réinvestissement majeur en éducation, l’abolition des projets particuliers sélectifs dans le réseau public et du financement public des écoles privées, la fin de la course à la diplomation de même que des « changements radicaux » dans les conditions de travail du personnel scolaire. « Il faut être presque des surhommes et des surfemmes pour réussir à faire son boulot » de façon correcte dans les écoles québécoises de nos jours, lance Mme Chartrand.

De son côté, M. Vigneault souligne que la sélection des élèves dans les réseaux public et privé, que ce soit par les coûts d’inscription ou les résultats scolaires, a créé un « énorme déséquilibre » qui fait de l’école québécoise la plus inégalitaire au pays, selon un rapport du Conseil supérieur de l’éducation. « Au Québec, on laisse très peu de chances à ceux qui ne sont pas nés du bon bord », affirme M. Vigneault.

Selon un sondage CROP réalisé en janvier par le mouvement L’école ensemble, 73 % des Québécois aimeraient que le financement public soit retiré de l’école privée. « La population est rendue là, mais il y a une hésitation politique, souligne M. Vigneault. On espère que l’opinion de la majorité va prévaloir. »