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Les deux ex-hommes forts de la FTQ-C sont de retour

Jocelyn Dupuis et Richard Goyette travaillent en coulisses avec les grutiers

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Les deux anciens hommes forts de la FTQ-Construction sont de retour. Jocelyn Dupuis et Richard Goyette, qui ont tour à tour dirigé la centrale, sont activement impliqués dans les revendications des grutiers, a appris notre Bureau d’enquête.

Mardi matin, Dupuis s’est présenté au rassemblement des grutiers au Rizz, à Montréal. « Je n’ai aucun commentaire », a-t-il lancé à TVA Nouvelles, avant de donner ses instructions à ceux qui l’accompagnaient : « Venez-vous-en, on s’en va. »

Dupuis a dirigé la FTQ-Construction jusqu’en 2008, avant de quitter ses fonctions à cause du scandale de ses fausses dépenses. Il a ensuite purgé une peine de prison pour fraude à l’endroit de sa propre centrale syndicale.

Goyette lobbyiste

Son successeur à la tête de la FTQ-Construction de 2008 à 2010, Richard Goyette, travaille lui aussi avec l’Union des opérateurs grutiers, local 791G. L’avocat s’est enregistré comme lobbyiste « afin d’empêcher l’adoption » de modifications réglementaires que combattent en ce moment les grutiers en grève illégale.

Un autre ex-DG de la FTQ-Construction, Richard Goyette, fait du lobbying en faveur des revendications des grutiers.
Photo d'archives
Un autre ex-DG de la FTQ-Construction, Richard Goyette, fait du lobbying en faveur des revendications des grutiers.

« Je suis un outil pour le mouvement ouvrier », assure Richard Goyette, joint au téléphone. Il dit prendre « différents mandats pour différents syndicats affiliés » à la FTQ-Construction.

Chaleureuse recommandation

Mardi, son profil LinkedIn affichait d’ailleurs une chaleureuse recommandation de Jocelyn Dupuis, coauteur avec lui, du livre Syndicalistes ou voyous : nos années à la FTQ-Construction.

« Très bonne esprit d’équipe et travailleur hors pair » (sic), y écrivait son vieil ami, sorti de prison il y a un an.

Fin 2014, alors que le procès de Dupuis pour fraude tirait à sa fin, Richard Goyette, alors à la tête de la centrale, avait refusé de porter plainte contre lui malgré les sommes détournées.

Encore aujourd’hui, Richard Goyette reste sur ses positions. « L’argent n’a pas été volé, voyons donc ! » dit-il, sans élaborer quant au chemin qu’ont pris les 63 000 $ qu’a détournés Dupuis.

L’avocat syndicaliste a aussi participé à la rédaction d’une requête pour faire annuler les nouveaux règlements sur la formation des grutiers, déposée la semaine dernière à la Cour supérieure.

Deux entreprises, les Grues Guay et les Grues JM Francœur, cosignent le document avec le local 791G, mais Richard Goyette assure que 17 autres entreprises se sont jointes à ce recours, sans toutefois apposer leurs noms sur le document.

L’avocat et syndicaliste a aussi écrit un mémoire qu’un « collectif des grutiers » a présenté au gouvernement pour s’opposer aux changements touchant la formation dans le métier, qui compromettent la sécurité des travailleurs, selon le local 791G.

« Désobéissance civile »

Avocat depuis 1989, Richard Goyette assure que les moyens de pression qu’observent les grutiers dans les chantiers du Québec n’ont rien d’une grève illégale.

« Certains l’interprètent comme de la désobéissance civile, dit Richard Goyette. Les grutiers ont toute ma sympathie. »

L’avocat affirme que dans le débat sur leur formation, « la Commission de la construction du Québec a détourné la discussion ». « Aujourd’hui, elle est plus à préparer des amendes qu’à solutionner. »

– Avec TVA Nouvelles