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Boutet l’avant-gardiste

L’artiste illustrateur propose des œuvres uniques qui allient inspiration et haute technologie

Les œuvres ludiques de Boutet suscitent la fascination.
Photo Simon Clark Les œuvres ludiques de Boutet suscitent la fascination.

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Les œuvres de l’artiste Boutet suscitent l’émerveillement et la fascination des collectionneurs, des galeristes et du public depuis deux ans, soit depuis que l’illustrateur renommé a décidé de s’investir à temps plein dans la création d’œuvres numériques.

Ses œuvres ludiques, qu’il associe au pop cubisme, sont l’aboutissement de 25 ans de travail en illustration avec les technologies les plus développées. Il y a rassemblé le meilleur de ses connaissances, y a investi tout son temps et, surtout, les meilleures idées de son imaginaire foisonnant. « Il y a tout ce que je sais dans mes œuvres », laisse tomber celui qui incarne parfaitement l’art moderne.

Boutet maîtrise l’art de la sculpture numérique, de l’animation, de la 3D, de l’illustration, entre autres. Il en résulte des œuvres uniques, abouties et tape-à-l’œil, qui mettent en scène des personnages célèbres comme Snoopy, Bart Simpson et Mickey Mouse, mais complètement déconstruits.

Bien loin de la création de toiles avec les outils traditionnels, la réalisation d’une œuvre prend une trentaine d’heures. À partir d’une esquisse, il travaille avec les logiciels 3D les plus performants, sur son écran digital, pour sculpter numériquement la centaine de pièces – jusqu’à 200 – qui peut composer une toile, et créer ses propres couleurs.

Une fois la 3D complétée, l’œuvre part chez un imprimeur spécialisé, avant d’ajouter de la transparence avec de la résine. Le style est unique, ludique, bon enfant, à l’image de celui qui se passionne pour l’univers jeunesse depuis toujours.

La valeur ajoutée ? Une expérience de réalité augmentée. Grâce à l’application Artivive, lorsqu’on met son téléphone intelligent ou sa tablette devant l’œuvre, les personnages de la toile s’animent, avec du son. « C’est comme une reconnaissance faciale. Ça déclenche un univers que j’ai créé », explique-t-il.

Grâce à une application de réalité augmentée, qui agit comme une reconnaissance faciale devant les toiles, les œuvres s’animent dans un univers créé par l’artiste.
Photo Simon Clark
Grâce à une application de réalité augmentée, qui agit comme une reconnaissance faciale devant les toiles, les œuvres s’animent dans un univers créé par l’artiste.

Illustrateur reconnu

Après avoir étudié en graphisme au Cégep de Sainte-Foy, Boutet a fait sa marque sous le nom de Franfou, en créant les fameux t-shirts Humeur Design qu’il a vendus par centaines de milliers dans les années 1990. Créateur de personnages de type cartoon et de dessins animés, il a ensuite illustré bon nombre de livres pour enfants.

Côté commercial, il a créé les animaux qui se trouvent sur les emballages de jus Oasis. Cranium, Nintendo et Colgate figurent aussi parmi ses clients.

Il est fasciné par Picasso autant qu’il se passionne pour les dessins animés et les univers jeunesse.

Son succès repose, entre autres, sur ses connaissances. « J’ai toujours évolué avec les technologies depuis 1994, dit-il. Dès qu’une technologie sortait, je me l’appropriais. J’ai besoin d’étudier pour mettre mes idées en application, parce que je ne suis pas capable de les faire. Des fois, la technologie de ce que je voudrais faire n’existe même pas encore ! »

Les œuvres sont créées sur un écran digital.
Photo Simon Clark
Les œuvres sont créées sur un écran digital.

Défendre son art

Depuis que les Galeries Beauchamp le représentent, à Québec, Montréal et Toronto, l’artiste ne suffit plus à la demande.

Il a déjà quelques œuvres en France et vient de refuser les demandes de galeries de Londres et Bruxelles. La journée où il a rentré six œuvres à la Galerie Beauchamp, dans le Vieux-Québec, quatre d’entre elles ont été vendues le jour même.

« Je pensais que ça ne marcherait pas, que ça prendrait peut-être dix ans avant d’aboutir à quelque chose, mais au moins je me disais que je serais heureux à travers ce projet-là.

« Je veux créer un art grand public, mais aussi un art que l’élite va percevoir comme du haut niveau artistique. C’est tout un travail de réussir à rejoindre les deux ensemble », ajoute-t-il.

Avec l’utilisation de toutes ces technologies, Boutet ressent néanmoins le besoin de défendre son art. « Même si j’utilise l’ordinateur, ce n’est pas mécanique, c’est intuitif. C’est de l’art. Ce n’est pas l’artiste qui fait le pinceau. Ce n’est pas la technologie qui va créer l’art. Picasso avait un pinceau, mais il ne fait pas la même chose que la voisine d’en face avec. Tu as beau avoir les logiciels, c’est ce que tu as dans la tête qui fait l’œuvre. »

Au début de 2019, une exposition solo lui sera consacrée à la Galerie Beauchamp du Vieux-Québec.