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Trump le machiavélique

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Sous Donald Trump, les Américains rompent peu à peu avec les grandes valeurs et attitudes fondatrices qui ont permis aux États-Unis, au fil de l’histoire, de s’imposer comme une superpuissance mondiale.

Le président Trump n’en est pas à ses premières frasques qui amènent les observateurs à s’interroger sur la direction douteuse que prend ce pays. Mais l’épisode des enfants migrants séparés de leurs parents à la frontière, auquel il a dû mettre fin par décret sous la pression la semaine dernière, en est un exemple patent.

C’était à briser le cœur. Il fallait se pincer pour croire que ça se passait dans un pays démocratique, et non dans un quelconque régime autoritaire. On est bien loin des valeurs d’idéalisme et de moralisme autour desquelles se sont érigés les États-Unis, et dont le président sait tirer les ficelles à sa façon.

Ce faisant, M. Trump souffle sur les braises du racisme et de l’intolérance, dans un pays qui a pourtant tiré parti, au cours de son histoire, d’une forte tradition d’immigration de provenance multiple.

S’indigner avec force

Ses façons de faire sont aussi contraires à la recherche constante de bonne conscience qui se trouve au cœur de la culture politique américaine, comme le retracent les professeurs Filion, Gosselin et Gélineau dans l’ouvrage Régimes politiques et sociétés dans le monde.

Ils citent à ce propos le réputé politologue Louis Balthazar, qui a écrit qu’on pourrait accuser les Américains d’arrogance, d’insolence, voire de cruauté, mais qu’il serait difficile de nier qu’ils aient constamment cherché à inscrire leurs actions dans le cadre d’une morale.

Les Américains sont rarement machiavéliques, écrit aussi M. Balthazar, mais plutôt généralement très idéalistes, ce qui est dû sans doute à leur fidélité aux Pères fondateurs, de même qu’aux succès de l’histoire.

C’est tout le contraire de ce qui s’opère à la Maison-Blanche depuis l’arrivée de l’ex-magnat de l’immobilier, un grand machiavélique qui n’en finit plus de susciter l’inquiétude. Et contre lequel l’Occident, et tout Américain sensé doivent continuer de s’indigner avec force.