/news/provincial
Navigation

Un ingénieur condamné pour avoir truqué des appels d'offres de la Ville de Québec

Coup d'oeil sur cet article

Un ancien ingénieur de SNC-Lavalin a été condamné à une radiation de 20 mois par l’Ordre des ingénieurs pour avoir activement participé au contrôle du marché des appels d’offres de la Ville de Québec.

En 2006, alors que la concurrence était féroce entre les firmes de génie-conseil pour obtenir les contrats de la Ville de Québec, les principales entreprises s'étaient entendues sur «un système de partage de contrats» afin de répartir ceux-ci de «façon équitable». Michel Labbé, qui était alors vice-président régional pour la ville de Québec chez SNC-Lavalin, a avoué qu'il avait participé à ce stratagème.

Michel Labbé a reconnu qu'il s'était notamment prêté «à des procédés malhonnêtes ou douteux en participant à un système de partage de contrats lui permettant de contourner le processus d’appels d’offres de la Ville de Québec». L’ingénieur a lui-même collaboré à des rencontres, en plus d’avoir autorisé Michel Émond, qui était à l'époque son employé, à s’y rendre.

Radiation de 20 mois

Ce système de partage des contrats s’est poursuivi jusqu’en 2010. Les contrats étaient «partagés entre les firmes présentes en fonction de leurs compétences [...] pour s’assurer que tous y trouvent leur compte», indique la décision du conseil de discipline de l’Ordre des ingénieurs.

Une fois la firme choisie, les autres entreprises soumettaient «des offres de complaisance» à la Ville. «Les infractions reprochées à l’intimé sont très graves», puisque le système mis en place permettait «de contrôler le marché».

Pour avoir lésé les contribuables et parce qu'il avait déjà été réprimandé par l'Ordre en 1996 pour une autre infraction, l’ingénieur de 66 ans a été condamné à une radiation de 20 mois. À noter que Labbé, qui avait signé une étude sur les coûts de l’amphithéâtre de Québec, avait été congédié par SNC-Lavalin en 2013.

Michel Labbé, tout comme Michel Émond, qui travaillait pour lui à l'époque, a poursuivi son ancien employeur au civil pour congédiement illégal. Les deux ingénieurs avaient été identifiés par la commission Charbonneau.