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L’hypocrisie des politiciens

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Le maire de Lévis s’est gargarisé mercredi avec un sondage démontrant un fort appui envers le troisième lien, dont les résultats n’ont pourtant rien de surprenant ni d’exceptionnel pour un projet encore aussi flou.

Les sondages scientifiques menés jusqu’à présent ont en fait toujours donné un fort appui au troisième lien. Cela n’a rien d’étonnant dans la mesure où, depuis des mois, une brochette de politiciens présentent ce projet, tels des hypocrites, comme une solution miracle à la congestion routière à Québec.

Tant les libéraux que les caquistes en font leurs choux gras, élevant le projet en véritable dogme, en prévision de la prochaine campagne électorale. Ils se permettent ainsi d’avancer les pires foutaises, malgré les avis contraires d’experts et l’absence d’études dont les résultats ne seront pas connus avant 2020.

Le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, se fait pour sa part le porte-étendard du projet sur la scène municipale, flanqué d’une poignée d’élus de Chaudière-Appalaches qui le qualifiaient mercredi de «premier de classe», lui qui a pourtant lamentablement échoué à doter enfin sa ville plus que sous-desservie par le transport en commun d’un véritable système structurant.

Manque d’informations

Ce qui sera réellement intéressant et pertinent de savoir, c’est de savoir quel sera l’appui de la population de Québec et de Lévis le jour où on saura exactement de quoi on parle lorsqu’il est question de troisième lien, et ce que seront par conséquent les impacts.

Parle-t-on d’un tunnel à quatre milliards, comme l’avait estimé l’expert mandaté par le gouvernement du Québec dans un rapport dévoilé en 2016? Ou d’un pont qui passerait par l’île d’Orléans? Ou encore qui serait implanté au cœur des magnifiques villages le long du fleuve Saint-Laurent, sur les deux rives?

Le maire de Lévis parle maintenant d’un tunnel qui serait indépendant du pont de l’île d’Orléans, la MRC n’étant pas favorable – et avec raison – à ce que le troisième lien s’y connecte.

«M. Couillard nous a dit de voir grand», a dit M. Lehouillier aux journalistes après la conférence de presse mercredi. Voir grand, c’est bien, mais le devoir d’un politicien, c’est aussi de faire preuve de cohérence dans la gestion des fonds publics. Une notion dont le troisième lien, à ce jour, est totalement dépourvu.