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Est-ce le temps d’acheter GE?

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Q: General Electric a récemment été exclue de l’indice Dow Jones. Est-ce le temps d’acheter ?


R: Pour mieux refléter l’économie américaine, le comité de l’indice a décidé de remplacer le mythique fleuron de l’industrie américaine, fondé par Thomas Edison en 1892, par le pharmacien Walgreens Boots Alliance. GE était le dernier membre original du Dow, lancé en 1896.

Est-ce un autre indice du déclin de GE, dont le titre cotait à son sommet de 57,81 $ le 1er juillet 2000 ? Jeudi, il était sous les 14 $.

Conglomérat industriel diversifié, GE voguait de succès en succès sous la férule de Jack Welch, devenu gourou des affaires. Son successeur, Jeff Immelt, a surtout présidé son déclin, avec une désastreuse diversification dans le secteur énergétique, notamment avec le rachat d’Alstom en 2014, et les services financiers (pertes prévues de 15 milliards $ US en assurance médicale). Le successeur, John Flannery, a amorcé une restructuration agressive de 20 G$ US, supprimant des emplois et revendant des filiales. Les résultats se font attendre, alors que GE a déclaré une perte nette de plus de 6 G$ US en 2016, 8,5 G$ US en 2017 et 1,5 G$ US pour le premier trimestre de 2018.

Pour le moment, les investisseurs institutionnels, qui possèdent 40 % des actions, ne lâchent pas le morceau. Même si la SEC a annoncé une enquête sur des irrégularités comptables, malgré l’imprimatur du vérificateur KPMG. GE compose aussi avec une révolte de ses actionnaires, pour qui la direction a trop de pouvoirs en regard de résultats mitigés. L’explosion en avril d’un moteur d’avion GE de la Southwest, entraînant la mort d’une passagère, n’a pas aidé... Et la dette, à 77 G$ US selon Moodys, est monstrueuse, malgré l’encaisse de 7 G$ US, que GE espère augmenter, tout en diminuant l’endettement de 25 G$ US d’ici 2020.

Du positif et du négatif

La fabrication centenaire de locomotives fut vendue en mai pour 11 G$ US au concurrent Wabtech. Lundi, GE annonçait la vente de la fabrication des moteurs industriels à Advent pour 3,25 G$ US. Mardi, GE a confirmé la mise en vente de sa participation dans la pétrolière Baker Hughes (revenus de 17,23 G$ US en 2017), ainsi que 20 % de ses activités en santé. GE offrira le reste à ses actionnaires (sans imposition), dans une entreprise dérivée.

Certains considèrent que la valeur de GE est sous-estimée de 53 G$ US. Indépendante, la filiale GE aviation vaudrait 17 à 18 fois les revenus anticipés, comparés à ceux de Boeing (19 fois). On parle d’une valeur de 115 G$ US, l’équivalent de la capitalisation boursière totale actuelle de GE. Au premier trimestre, les revenus de GE aviation ont bondi de 26 %.

Enfin, plusieurs fleurons éjectés du Dow ont vu leurs titres exploser un an plus tard, comme Alcoa (96 %), HP (73 %), Bank of America (17 %) et AT&T (15 %). Au moment où le comité du Dow décide de sortir un titre, le marché a déjà intégré le déclin de l’entreprise. Avec GE, ça fait réfléchir. En attendant, le dividende annuel de 48 cents (3,76 %) est généreux, malgré la coupe récente de 50 %. Mais il sera bientôt « ajusté » à ceux des compétiteurs...


 Question à notre investisseur


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