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Le jardin des horreurs

<i>Jardin Mécanique: L’asile De St-iscariote</i></br>
Jeik Dion, Sylvain De Carufel, François De Grandpré</br>
Ed. Lounak</br>
Ed. À Lire
Photo courtoisie Jardin Mécanique: L’asile De St-iscariote
Jeik Dion, Sylvain De Carufel, François De Grandpré
Ed. Lounak
Ed. À Lire

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Si l’illustrateur montréalais Jeik Dion a trouvé demeure il y a quelques années déjà dans la bande dessinée de genre, son plus récent livre Jardin mécanique : l’asile de St-Iscariote le hisse sans l’ombre d’un doute au sommet des maîtres de l’horreur.

Après l’exploration de l’univers du film post-apocalyptique Turbo Kid du collectif québécois RKSS – deux numéros des quatre prévus sont à ce jour parus aux éditions Lounak sous le format comic book –, voilà que Dion enchaîne les collaborations avec la formation musicale Jardin mécanique et le romancier Patrick Sénécal.

Jardin mécanique

Fondé en 2009, le trio musical qui compose cet hybride unique d’opéra rock, théâtre burlesque et steampunk  C’est par le truchement du 9e art qu’ils ont décidé de le faire. Ainsi donc, L’asile de St-Iscariote raconte les origines des trois évadés de l’asile psychiatrique qu’incarnent sur scène les musiciens Sylvain de Carufel (Monsieur Edwidge), Philippe Coulombe (Monsieur Augustache) et Francis Gagnon (Monsieur Camelius). La formation a fait appel aux services de Jeik Dion, un choix tout naturel. « La chimie a opéré immédiatement, affirme l’artiste. Ce fut une collaboration d’égal à égal. Ils ont fait preuve d’une grande ouverture d’esprit. Je considère mon travail d’illustrateur de bande dessinée comme celui d’un technicien au cinéma : je suis un maillon d’une chaîne, au service du récit qui se construit. » S’il est vrai que Dion a l’habitude d’être au service d’univers issus d’autres médiums (Amos Daragon, Turbo Kid), il réussit toujours à y apposer sa griffe.

Dans L’asile de St-Iscariote, Dion s’éclate, littéralement. Son travail de découpage et de couleur nous tient captifs. Par moment, on y sent poindre des influences du Arkham Asylum de Dave McKean et Elektra de Bill Sinkevich. Lecteur insatiable, il couche sur chacune des pages ce trop-plein d’amour qu’il voue au médium et au genre.

Aliss

À peine Jardin mécanique lancé, Jeik Dion travaille à l’adaptation en bande dessinée du roman de Patrick Sénécal, Aliss. « Il y a 5 ans, j’avais croisé Patrick et l’équipe d’À Lire, à qui j’avais présenté mon travail dans le but d’adapter Aliss. Des problèmes de santé m’ont stoppé dans cet élan, se remémore-t-il. Une fois remis sur pied, j’ai enchaîné les projets. Un jour, Patrick, que j’avais perdu de vue, me relance à propos du projet, un rêve que je chérissais depuis si longtemps. Je capotais ! »

Lui qui signe les illustrations des nouvelles maquettes de couverture des romans de Sénécal souhaite aborder le projet dans les teintes impressionnistes des grands artistes espagnols qui ont œuvré pour le mythique magazine Warren. L’album, qui sera à n’en point douter glauque, ne verra toutefois le jour que si la campagne de socio­financement lancée en juin dernier est bouclée.

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Bonjour Tristesse tient plus de la relecture que de l’adaptation tant Frédéric Rébéna aborde ce chef-d’œuvre de la littérature avec aplomb. L’artiste ne se contente pas ici de nous servir une mise en image quelconque du roman de Françoise Sagan, il investit le riche matériau en usant de différents outils qu’offre le médium (découpage, rythme, dialogues) avec intelligence, audace et verve. Le trait fin, anguleux et d’une glaçante élégance confère au récit un sentiment d’étrangeté qui nous tient en haleine jusqu’à la dernière case.


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Décidément, Frédérik Peeters sait tout faire. Chaque nouvel album est l’occasion d’être toujours un peu plus éblouis par son talent brut et sans limites. Ce magistral pavé de 300 pages nous plonge dans un polar aux accents fantastiques, alors qu’une mère et sa fille tentent de faire la lumière sur un mystérieux secret de famille. L’auteur de Pilules bleues, RG, L’odeur des garçons affamés nous sert un copieux festin pour l’œil. Sans jamais traîner, l’illustrateur prend le temps de mettre en scène le haletant récit de Serge Lehman. Peut-être le chef-d’œuvre de Peeters. Du moins, jusqu’au prochain projet.


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Lancées sur le web en 2011 dans le cadre du Hourly Comic Day et, depuis, publiées 3 fois par semaine en ligne, Les Boumeries de Samantha Leriche-Gionet­­­ (alias Boum) en sont à leur huitième anthologie papier annuelle. Les hilarants moments du quotidien de l’auteure (parentalité, jeux vidéo, rêves récurrents de salle de bain et de mariage, mésaventures de salons du livre et conventions, etc.) sont rapidement devenus un incontournable rendez-vous dont on se délecte à tout coup. Assurément l’un des meilleurs strippe du 9e art québécois.