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En plein FEQ, un restaurant du Vieux-Québec ferme vendredi par manque de main-d'oeuvre

En manque de personnel, la direction veut donner du répit à son équipe

Marc-Antoine Doré est copropriétaire de Couillard, Fils & Cie qui détient le restaurant Chez Jules, l’Auberge Place d’Armes, les hôtels Champlain et Jardin Sainte-Anne, la Crêperie de Jules, la crèmerie St-Crème et l’épicerie gourmande Couillard, Fils & Cie.
Photo Jean-François Desgagnés Marc-Antoine Doré est copropriétaire de Couillard, Fils & Cie qui détient le restaurant Chez Jules, l’Auberge Place d’Armes, les hôtels Champlain et Jardin Sainte-Anne, la Crêperie de Jules, la crèmerie St-Crème et l’épicerie gourmande Couillard, Fils & Cie.

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En plein Festival d’été, un restaurateur du Vieux-Québec a choisi de fermer son établissement 24 heures ce vendredi pour donner du répit à ses fidèles employés à bout de souffle en raison de la pénurie de main-d’œuvre. Il lance du même coup un appel à l’aide aux gouvernements.

« Ils sont brûlés [mes employés] », confirme Marc-Antoine Doré, copropriétaire de Couillard, Fils & Cie, à qui appartient la Brasserie française Chez Jules, située à deux pas du Château Frontenac.

« Ils se font appeler pour rentrer durant leurs congés et doivent dealer tous les jours avec des gens qui ne rentrent pas travailler et qui démissionnent pour des peccadilles, explique-t-il. En plus, ils doivent tout le temps travailler à moins un, moins deux, moins trois employés, constamment. Ils doivent en donner deux fois plus. »

Le congé de vendredi, c’est en quelque sorte un cadeau qu’il fait à son « équipe forte ». « J’aurais pu rester ouvert, mais les pauvres..., soupire l’homme d’affaires. Je scrappe des revenus, dans les quatre à cinq chiffres, mais je suis prêt à l’absorber. »

C’est en cuisine que le manque de personnel saisonnier est criant. « L’an passé, c’était assez terrible, mais on finissait tout le temps par s’en sortir. Mais là, on ne s’en sort pas. C’est les cuisiniers qui font la vaisselle », déplore M. Doré, qui servira les déjeuners vendredi pour les clients de l’Auberge Place d’Armes, dont Chez Jules est le restaurant.

Calendrier scolaire

Il espère que cette fermeture de 24 heures interpellera les gouvernements. « Les cégeps et les universités commencent à la mi-août. Qu’est-ce que tu veux que je fasse, moi ? Août est rendu plus fort que juillet. Ils vont-tu finir par se pencher là-dessus ? » questionne M. Doré, qui souhaiterait, comme plusieurs restaurateurs, que les cours commencent en septembre.

« Il faut aussi rendre plus facile et rapide l’immigration temporaire. Sur la planète, c’est plein de monde qui viendrait travailler ici. Je vais leur payer l’avion, s’il le faut ! » lance-t-il.

L’été dernier, Le Journal rapportait que quelques restaurants de la région avaient été contraints de fermer certaines journées, faute de personnel.

« Impossible » sur Grande Allée

Toutes les SDC jointes mardi ne relevaient aucun cas de fermeture temporaire similaire depuis le début de la saison touristique, même si la pénurie de main-d’œuvre les frappe toutes.

Sur Grande Allée, il serait « impossible » de le faire, selon le président d’Action Promotion Grande Allée. « Tout le monde redouble d’efforts. On ne peut pas laisser passer une manne comme le Festival d’été, les deux grosses semaines de l’année », a commenté André Verreault, qui a d’ailleurs vu le propriétaire du Patrizio, dimanche, mettre la main à la pâte en cuisinant et en aidant à la plonge.