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FEQ: America ne fait pas de politique

Dewey Bunnell et Gerry Beckley de la formation America.
Photo courtoisie  Dewey Bunnell et Gerry Beckley de la formation America.

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«Nous sommes là pour divertir les gens afin qu’ils oublient tout ce qui est politique et ce genre de choses. Je ne suis pas certain que la musique est un bon véhicule pour ça, même si on a envie, parfois, d’exprimer ce que l’on pense. La ligne est très mince.»

Dewey Bunnell, chanteur, guitariste et membre fondateur de la formation America, n’est pas très heureux de voir Donald Trump à la tête des États-Unis. Il avoue ne pas avoir vraiment envie de parler de politique.

«Nous sommes très désillusionnés en ce moment. C’est troublant. Ne m’embarque pas là-dedans», a-t-il lancé, lors d’un entretien téléphonique.

Le musicien de 66 ans explique que la formation a toujours fait un effort pour ne jamais utiliser le nom d’America à des fins politiques.

«On ne veut pas exploiter ça. Tu ne verras jamais des drapeaux américains ou toute iconographie américaine dans nos spectacles. Les gens veulent être divertis et ils vont rapidement retomber dans les choses de la vie avec tous les problèmes qu’il y a, après le spectacle», a-t-il indiqué.

Une formule toute simple

Dewey Bunnell, Gerry Beckley et Dan Peek, décédé en 2011, ont fondé America en 1970. Fils de pilotes d’avion de la US Air Force, basés près de Londres, ils fréquentaient la même école secondaire.

Quarante-huit ans plus tard, America est toujours actif. La formation se produira ce soir au parc de la Francophonie dans un doublé avec Air Supply.

«On n’a jamais imaginé, Gerry et moi, que notre carrière était pour durer aussi longtemps. C’est incroyable!» a-t-il indiqué.

Le chanteur-guitariste croit que la simplicité de leurs chansons, qui sont, dit-il, faciles à digérer, la présence de bonnes mélodies, de bons textes et des albums bien réalisés expliquent cette longévité.

«C’est une formule toute simple, mais il n’y a pas de garantie que le public va être là durant autant d’années. Nous sommes très reconnaissants de cela», a-t-il fait remarquer.

Dewey Bunnell ajoute que les chansons, lorsqu’ils réussissent à traverser une ou deux générations et qu’elles se retrouvent dans un film, à la télé ou qu’elles «tournent» dans des stations de rock classique, restent vivantes.

«On vieillit, mais les chansons, elles, restent jeunes», a-t-il dit.

50e anniversaire

America a lancé son dernier album de matériel original en 2015 avec le disque Lost & Found. Un album où le duo a retravaillé des pièces qui avaient du potentiel et qui avaient été mises de côté.

Dewey Bunnell est incapable de prononcer, pour l’instant, sur l’enregistrement de nouvelles chansons. Il ne ferme pas la porte totalement.

«On avait, dans les belles années des vinyles, des obligations à respecter envers les compagnies de disques. Il fallait compléter un album chaque année et je pouvais à cette époque écrire six chansons et plus par année. Je réalise que plus je vieillis, moins je suis prolifique. Je n’ai pu la même motivation. Je ne suis pas prêt à dire qu’il n’y aura pas d’autres albums, mais je n’ai plus la même énergie. Ça doit être ça vieillir», a-t-il laissé tomber, en toute honnêteté.

America fêtera son 50e anniversaire en 2020. Une série d’initiatives sont en cours pour célébrer cette étape.

«Il va y avoir plusieurs rétrospectives. Une biographie sera publiée. On a mis la main sur des documents d’archives, dont de vieux films tournés en Super-8 et qui ont été transférés en digital. Nous allons sortir beaucoup de matériel inédit. On a aussi quelques nouvelles chansons et on ne sait pas encore ce que l’on va faire avec ça. On a encore 18 mois devant nous», a fait remarquer Dewey Bunnell.

Ce soir, au Parc de la Francophonie, America jouera ses succès, tels Tin Man, Lonely People, Daisy Jones, I Need You, Sister Golden Hair et A Horse with no Name, pigera dans son répertoire et offrira aussi quelques reprises.

«Les gens paient pour entendre ces chansons et ils ne seront pas contents si on ne les fait pas. Je suis très fier de ce que l’on fait en spectacle. Il y a eu une belle progression au cours des dix dernières années. On a intégré des vidéos et la présence de jeunes musiciens amène une nouvelle énergie. C’est très solide», a-t-il indiqué.

America est en spectacle à 19h30 mercredi soir au Parc de la Francophonie. Air Supply suivra à 21h20.