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Légende du yoga à 94 ans

Sa passion pour cette discipline est son remède de vitalité

Madan Bali a tenu une activité de yoga à Lac-Mégantic afin de diminuer le stress dans la communauté.
Photo Caroline Lepage Madan Bali a tenu une activité de yoga à Lac-Mégantic afin de diminuer le stress dans la communauté.

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Une légende du yoga de 94 ans vit sans médicament grâce à sa condition physique exceptionnelle qui surprend les médecins et les élèves à qui il souhaite enseigner encore 20 ans.

Adepte de yoga depuis l’enfance, Madan Bali, âgé de 94 ans, assure n’avoir jamais été malade. Il ne fait pas de diabète. Sa pression sanguine et son taux d’oxygène sont exemplaires.

« Ça choque les médecins », rigole sa fille Gita Bali.

Jeune, il voyait des personnes âgées, courbées, qui avaient de la difficulté à se déplacer.

« Je ne voulais pas leur ressembler », dit M. Bali, qui a pour l’instant réussi son pari.

Aujourd’hui, ce nonagénaire jouirait de la flexibilité d’un homme de 30 ans. Dans les postures de yoga, ses élèves ont de la difficulté à le suivre.

« Il peut rester longtemps la tête en bas avec les pieds dans les airs. Il fait la roue », relate Odette Nadeau, qui enseigne le yoga au studio de Madan Bali, sur le chemin de la Côte des Neiges, à Montréal.

En 48 ans d’enseignement, il n’a jamais manqué une leçon.

M. Bali croit que sa vitalité provient de sa passion pour le yoga, qu’il a développée en Inde, son pays d’origine, et qui l’a poussé à multiplier les voyages, dès l’adolescence, pour rencontrer des « yogis ».

« Ses parents étaient même inquiets d’avoir perdu leur fils à cause du yoga », évoque sa fille.

Respirer et faire le fou

Depuis, il a développé une méthode simple et efficace, qui a inspiré le livre Yoga for Taming the Mind, publié en 2015.

« Ça représente 50 ans de recherches », affirme le Madan Bali.

Il s’attaque au mal du siècle : le stress et la dépression en soignant l’être dans sa globalité.

« C’est l’équilibre », plaide celui qui s’est perfectionné au Sri Lanka.

Pour maintenir une telle condition physique, il chasse de son mental le flot de pensées du passé et du futur et respire à fond, en reproduisant des mouvements saccadés de rire ou de toux. Il transforme ainsi les émotions négatives emmagasinées dans le ventre en « molécules de bonheur ».

« Ça fait respirer tout le corps », image-t-il.

La recette de ce yogi prescrit également de « lâcher son fou » pour célébrer la vie. M. Bali a même été filmé récemment en train de faire du body surfing dans un rave aux États-Unis.

 

Le « gourou » du Canadien de Montréal

Le pionnier du yoga au Québec, Madan Bali, a démystifié cette discipline qui était méconnue lorsqu’il est arrivé au Québec, ce qui lui a même valu le titre de « gourou » du Canadien de Montréal.

Madan Bali a immigré à Montréal durant la période de l’Expo 67 où il a présenté un atelier de yoga, bien avant que cette discipline soit à la mode.

Depuis, l’homme de 94 ans a enseigné cette discipline où ses services ont été sollicités, comme les établissements scolaires, où des progrès ont été notés auprès des jeunes, avant l’époque du Ritalin.

« Leur mémoire et leur concentration augmentaient, alors que leurs problèmes de comportement diminuaient », rapporte celui qui détient un baccalauréat en religion comparative.

Il a aussi tenu un exercice de yoga pour des dizaines de victimes de l’explosion du train à Lac-Mégantic.

Anti-stress, anti-dépression

Ce réputé maître indien a également partagé son expertise dans les hôpitaux.

En 2010, il a participé avec la psychologue Dominique Lanctôt à un projet de recherche auprès de 101 femmes atteintes du cancer du sein qui subissaient des traitements de chimiothérapie.

L’étude a révélé que les symptômes dépressifs du groupe de femmes ayant pratiqué le yoga avaient nettement diminué.

Madan Bali est même venu à la rescousse du Canadien de Montréal, dans les années 1970 pour apaiser leur stress. D’ailleurs, des articles de journaux le caricaturaient comme le « gourou » des joueurs.

« C’est puissant, le yoga », insiste celui qui ne se laisse jamais contrôler par ses émotions.

« Pour nous, le yoga n’est pas d’avoir un beau corps ou de faire de l’exercice. C’est d’avoir la conscience de l’être. Si tu n’apprends pas à te calmer, tu peux aller te reposer au spa ou prendre des vacances dans le sud, mais après, le stress continue », explique sa fille Gita Bali.