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Nintendo, un bon placement?

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Q: Je viens d’acheter une console Switch à ma fille. Avec Nintendo, le jeu, c’est du sérieux ?

R: L’action de Nintendo (NTDOF, New York OTC), qui a plus que doublé en trois ans, a perdu beaucoup de terrain en juin. Le cours actuel représente peut-être une occasion d’achat, car l’entreprise basée à Kyoto depuis 130 ans peut encore surprendre. Et son dividende rapporte 2,5 %.

Début juin, des problèmes techniques ont bousillé l’accès au démo de Mario Tennis Aces. Puis, au salon E3, à la mi-juin, Nintendo n’a pas impressionné. Les investisseurs ont donc puni le titre. Oubliée la frénésie de Pokemon Go de 2016, issue de la filiale Niantic...

Pourtant, la console Switch se vend par millions et contribue lourdement au bilan (17,7 millions d’unités vendues entre mars 2017 et mars 2018, comparé aux 13,5 millions de la WiiU en cinq ans). Nintendo espère en vendre 10 autres millions d’ici mars 2019. Pour l’année financière s’achevant en mars 2018, les ventes, à 12,5 milliards $, furent en hausse de 116 % comparativement à la même période.

Nintendo ne génère aucun profit lié à la vente de ses consoles, préférant les marges plus juteuses des jeux.

Ainsi, les propriétaires de Switch ont acheté 68,97 millions de jeux, contribuant fortement au profit net de 2 G$ (+ 505 % !), pour l’année financière se terminant en mars. Le succès du seul jeu Super Mario Odyssey en témoigne (plus de 9 millions d’unités vendues).

La plateforme mobile de Nintendo a aussi enregistré des revenus records de 464 M$ pour la même période (+62 %). Nintendo y lance deux ou trois jeux annuellement, dont le classique Super Mario Run (200 millions de téléchargements).

Ça promet

Certes, le marché a déjà intégré le lancement de Fortnite (le jeu le plus populaire au monde) sur la Switch. À la mi-juin, le patron de la filiale américaine, Reggie Fils-Aime, a réitéré que le pipeline est rempli de nouveaux jeux. Les investisseurs l’ont ignoré, car :

  • le projet Quality of life (technologies liées à la santé) fait du surplace ;
  • la production limitée de l’hyperpopulaire console NES Classic Edition n’a rien rapporté ;
  • les retards se succèdent avec la nouvelle plateforme multijoueurs en ligne pour Switch, promise à l’automne ;
  • Nintendo hésite à concrétiser une franchise pour Mario, avec Comcast Universal (cinéma et parcs d’attractions).

Les analystes, eux, y croient. Début juin, ceux qui couvrent Nintendo sur Wall Street maintenaient un prix cible moyen plus élevé de 45 % sur le cours du 5 juin, rapportait Bloomberg. Certains considèrent que Nintendo est désormais le titre de jeux le moins cher en ville.

Les profits pourraient malgré tout bondir d’ici deux ans, avec :

  • les revenus cycliques de la Switch ;
  • la plateforme mobile, dont le marché est loin d’être mature ;
  • les jeux 100 % numériques ;
  • les jeux dans le nuage pour la Switch avec la japonaise CapCom (derrière Resident Evil) : accès pour moins de 4 $ par mois ;
  • un éventuel partenaire local en Chine.

Question à notre investisseur


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