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On veut cacher les marges des pétrolières

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Quelle décision inacceptable !

Depuis le début de juin, la Régie de l’énergie a décidé de ne plus publier la marge de raffinage sur l’essence qu’empochent les pétrolières au Québec, camouflant ainsi aux consommateurs l’une des plus importantes variables des fortes fluctuations du prix de l’essence à la pompe.

C’est tout un cadeau que la Régie de l’énergie, qui relève du ministre de l’Énergie et des Ressources Pierre Moreau, vient de faire aux pétrolières.

Il faut savoir que la marge de raffinage a énormément fluctué au cours des six dernières années. Par exemple, la marge moyenne des 52 semaines se terminant en juin 2012 s’élevait à 8,5 cents le litre d’essence. Le 25 mai dernier, par exemple, la marge de raffinage qu’encaissaient les pétrolières s’élevait à 19,3 cents le litre. En hausse, donc, de 127 %.

Les groupes de protection des consommateurs et les médias pouvaient se servir de la fluctuation de la marge de raffinage pour dénoncer l’exploitation des automobilistes par les pétrolières.

L’information sur la marge de raffinage étant dorénavant camouflée, les pétrolières auront beau jeu pour « jouer » avec ladite marge sans se faire emmerder et critiquer par les médias et les consommateurs.

Prix à la rampe

Depuis le 6 juin dernier, la Régie de l’énergie ne dévoile plus les composantes (prix du baril de pétrole, taux de change, marge de raffinage) du « prix minimal à la rampe de chargement » du litre d’essence que les raffineurs et grossistes chargent.

La Régie se contente maintenant de publier le prix à la rampe de chargement sans ses composantes, les multiples taxes gouvernementales, la marge de détail des essenceries et, bien entendu, le prix moyen affiché à la pompe.

Motif de la régie

Pourquoi la Régie a-t-elle décidé de faire disparaître la marge de raffinage ? Voici les explications transmises par Véronique Dubois, secrétaire de la Régie et responsable des communications.

Parce que cette marge de raffinage « correspondait à une estimation par la Régie de l’énergie, de l’écart entre le prix minimal à la rampe de chargement et le prix du Brent converti en dollars canadiens et en ¢/litre », alors que « le Brent, affirme-t-elle, ne correspond pas au prix réel du pétrole brut des raffineurs québécois ».

Le prix du brut québécois, précise-t-elle, est un assemblage de plusieurs produits, dont les principaux sont le WCS, le WTI et le Brent.

Où est le problème ? Comme les prix du WCS, WTI et Brent sont publiés quotidiennement, il suffirait à la Régie de l’énergie de recalculer la marge de raffinage à partir du brut « québécois » basé sur les trois produits.

« La Régie, écrit-elle sur son site internet, est chargée de surveiller les prix des produits pétroliers afin de renseigner les consommateurs à ce sujet. »

S’il y a une information hautement pertinente pour le consommateur, c’est bien celle de la marge de raffinage des pétrolières.

Que la Régie la rétablisse au plus sacrant !