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Comment fabriquer un Donald Trump?

Donald Trump
Photo AFP Donald Trump

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Tout le monde déteste Donald Trump. Tous les médias le conspuent, tous les universitaires le maudissent, tous les gens bien le rejettent. Tout le monde sauf ceux qui ont voté pour lui. Et ils étaient assez nombreux pour le porter au pouvoir.

On s’est vite rassuré en les présentant comme une bande de ploucs, des analphabètes, des misogynes et des racistes dégénérés. On se rassure comme on peut.

Censure

Il se pourrait, pourtant, que nous devions chercher d’autres explications à l’émergence d’un tel personnage, et plus largement, à une mouvance populiste à travers le monde occidental. Il y en a des plus perspicaces, qui vont au-delà du commentaire militant. On rappelle notamment que l’électorat populaire serait en révolte contre la mondialisation sauvage, l’immigration massive et la décomposition des repères collectifs.

C’est juste. Mais il faut ajouter une explication trop rarement mentionnée : l’exaspération du commun des mortels devant la tyrannie du politiquement correct.

On sous-estime à quel point ce dernier peut rendre malade ceux qui n’en peuvent plus de l’hégémonie de certaines minorités fanatiques dans le débat public et du climat de surveillance généralisée qui l’accompagne.

On l’a connu, au Québec, avec le débat sur SLAV. Il suffit qu’un groupuscule déclare la guerre à un spectacle de Robert Lepage pour qu’on le déclare controversé et qu’on en vienne à l’annuler.

Mais le phénomène est plus large. C’est la simple mention de l’existence de la réalité qui choque les gardiens de la rectitude politique et les pousse à vous insulter.

On le voit avec le dossier des immigrés illégaux qui traversent la frontière canadienne depuis 2016. Le lobby immigrationniste veut nous en convaincre : ils ne sont pas illégaux, mais irréguliers.

Et à force de manipulations linguistiques et d’intimidation morale, ils en sont venus à convaincre les journalistes de dire que l’immigration illégale n’existe pas. Pire : ceux qui soutiennent le contraire sont traités d’ignorants et de xénophobes.

On pourrait aussi parler du lobby trans, qui fait tout pour nous interdire de tenir pour acquis que l’humanité est une espèce sexuée. À l’école, d’ailleurs, au nom de l’éducation sexuelle, plusieurs souhaitent normaliser cette interdiction, au nom de la diversité.

Alors un jour, le commun des mortels en a marre de se faire dire que la réalité n’existe pas et de se faire insulter quand il maintient qu’elle existe. Alors quand un homme politique se présente et transgresse les interdits imposés par le système médiatique, ils se jettent dans ses bras pour se révolter. C’est ainsi qu’on fabrique un Donald Trump et des électeurs trumpiens.

Révolte

Il faut le dire : la droite populiste est l’enfant inavoué de la gauche politiquement correcte.

Les Québécois sont admirables : malgré la tyrannie du politiquement correct, ils demeurent bien élevés. Au pire, ils voteront pour François Legault, un charmant monsieur inoffensif qui, sans défier ouvertement le politiquement correct, est manifestement mal à l’aise avec ses codes.

Voyons-y la légendaire modération québécoise.