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Les brasseurs craignent le pot

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Q: La légalisation du cannabis va-t-elle faire baisser la valeur de mes actions de compagnies de bière ?

R: Fort probablement. Mais les microbrasseries causent aussi beaucoup de dommages.

Le 17 octobre prochain, le cannabis sera légal au Canada. Des experts croient que les grands brasseurs vont en souffrir.

Début juin, Le Journal rapportait que 41 % des consommateurs ont l’intention de consommer du cannabis en guise d’alternative à l’alcool, selon un rapport de la firme Deloitte, qui ajoute que le marché du cannabis légal pourrait s’élever à 7,17 milliards $ d’ici 2019 (le marché canadien de la bière totalisait 13,6 milliards $ en janvier, selon le Conference Board). Certains experts croient qu’en quelques années seulement, le marché canadien du cannabis équivaudra à celui de la bière, avec une croissance annuelle de 20 %. Le marché légal du cannabis aux États-Unis atteint déjà 50 milliards $ US.

Les géants de la bière pâtissent, depuis des années, du ralentissement de la consommation de la bière. Ainsi, Anheuser-Busch Inbev (BUD), le holding belge derrière Budweiser, Stella Artois et Labatt et leader mondial avec 30 % du marché, rapportait une baisse de 2,3 % de ses ventes américaines au premier trimestre. Même chose chez Molson-Coors (TAP) : -5,8 % aux États-Unis et -2,5 % au Canada. Ils sont affectés par la popularité croissante des bières artisanales et importées. La proportion de ces dernières, dans le marché canadien, est passée de 11 % à 16 % de 2006 à 2018.

Ils ont réagi en achetant des joueurs indépendants (souvenez-vous du rachat d’Unibroue par Sleeman en 2004, puis Sleeman avalée par Sapporo en 2006). En 2017, Heineken (HEINY, titre OTC) a acheté Lagunitas et Sapporo, Anchor Steam.

Réactions

Le géant de l’alcool Constellation Brands (STZ) a compris le message et investi 245 millions $ US dans l’entreprise de cannabis Canopy Growth (WEED) en octobre. Et ce géant américain (derrière la Corona) détient des options pour doubler sa mise d’ici 2020. Dès cette année, il investira 10 M$ US dans le développement de produits du cannabis. Un tout nouveau marché à exploiter.

Les grands brasseurs n’ont pas dit leur dernier mot. Le réchauffement climatique, qui fait se multiplier les périodes de chaleur extrême, moussera les ventes. La bière accapare tout de même 50 % du marché américain de l’alcool. Mais des ventes en hausse de deux décimales en Amérique du Nord sont probablement chose du passé.

Sauf pour les indépendants inscrits en Bourse, qui connaissent de fortes croissances, comme Boston Beer (SAM) et la Craft Brew Alliance (BREW), un consortium de microbrasseries. Par contre, le rendement d’AB Inbev, à 4,84 %, n’est pas à dédaigner, ni ceux de ses principaux compétiteurs Molson Coors (2,32 %), le Carlsberg (CABGY, titre OTC) ou Heineken (HEINY, titre OTC), tous les deux à 2,15 %. Le marché québécois de la bière (ventes annuelles de 2,5 G$) est contrôlé à 91 % par Labatt, Molson-Coors et Sleeman.


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