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8 endroits où passer ses vacances à Québec autrefois

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C'est le temps des vacances et tout le monde a ses projets, souvent planifiés depuis l'hiver.

La chanson de Sylvain Lelièvre nous rappelle qu'autrefois, plusieurs familles se rendaient à Old Orchard. Pour d'autres, c'était la Gaspésie.

Néanmoins, plusieurs désiraient demeurer dans la région de Québec, et ce pour une foule de raisons.

Que ce soit par manque de ressources financières ou simplement parce que le père devait continuer à vaquer à ses occupations professionnelles, plusieurs options s'offraient.

En voici quelques-unes qui éveilleront sans doute des souvenirs à plusieurs.

1. Mes premiers coups de raquette au lac Saint-Augustin

Un futur champion de badminton, lac Saint-Augustin, collection de Jacques Doré.
Un futur champion de badminton, lac Saint-Augustin, collection de Jacques Doré.

Dans les années 1950, mes parents nous ont fait le cadeau, à moi et à ma famille, de pouvoir fuir la chaleur du bitume de la rue d’Aiguillon pour la remplacer par la fraîcheur d’été du lac St-Augustin.

J’y ai connu mes premiers vrais amis qui ont été aussi mes premiers partenaires de badminton, sport que je continue encore de pratiquer aujourd’hui.

Si cet endroit de villégiature ne se faisait pas particulièrement remarquer par sa richesse et par la pureté de son plan d’eau, il était en effet une véritable pépinière de joueurs de badminton dont plusieurs se sont illustrés par la suite sur les scènes locale et provinciale.

En plus des nombreux terrains extérieurs, deux salles permettaient la pratique de ce sport, la salle Beaupré et le Club nautique.

Des tournois y étaient organisés de même que des exhibitions qui attiraient chaque fois plus de deux cents spectateurs et qui mettaient en vedette les champions de la ville de Québec et mes deux frères aînés.

Le badminton était vraiment le sport national du lac St-Augustin et je ne garde que de bons souvenirs d’y avoir donné mes premiers coups de raquette.

Un souvenir de Jacques Dore

2. Crescent Beach

Les filles Dorval à Crescent Beach, 1944, collection de Jean Dorval.
Les filles Dorval à Crescent Beach, 1944, collection de Jean Dorval.

Dans la première moitié du XXe siècle, les jeunes de Québec allaient souvent se baigner au fleuve.

Dans la famille de mon père, lors des grandes chaleurs, les filles accompagnées de leurs cousines se rendaient à Crescent Beach, connu aujourd’hui comme la plage Jacques-Cartier.

Mon grand-père mettait à leur disposition la voiture de livraison du magasin et un employé allait les reconduire sur le chemin Saint-Louis, en haut du cap.

De là, les jeunes descendaient jusqu’au fleuve pour s’y baigner.

À la fin de la journée, elles remontaient et la voiture les attendait de nouveau.

C’était un lieu privilégié pour les pique-niques et les rencontres entre amis.

Cela a duré jusque dans les années 1940.

Comme quoi l’accès au fleuve a toujours été une réalité pour les gens de Québec, que ce soit pour la pêche ou la baignade.

Un texte de Jean Dorval

3. Les plages de Sillery

Plage du Foulon vers 1945, BAnQ, P600,S6,D2,P33.
Plage du Foulon vers 1945, BAnQ, P600,S6,D2,P33.

Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, c'est la fin du commerce du bois équarri avec l'Angleterre.

Les anses à bois de Sillery sont alors désertées.

Au même moment, on drague le fleuve pour faciliter la navigation.

Les matières retirées sont déposées sur la grève de l'Anse-au-Foulon, au sud de l'actuelle marina de Sillery.

Comme il s'agit de sable fin, on crée de belles grandes plages artificielles, les plages Saint-Michel et du Foulon.

Rapidement, les Québécois les découvrent et lors des canicules, elles sont envahies par les baigneurs qui proviennent de tous les quartiers de la ville.

On s'y rend en empruntant le chemin du Foulon, la côte Gilmour ou encore le tunnel ferroviaire qui traverse le promontoire de Québec depuis le parc industriel Saint-Malo.

Dans les années 1950, jusqu'à 4000 personnes pouvaient s'y donner rendez-vous.

On y retrouvait même des cabines et un service de surveillance.

La construction du boulevard Champlain dans les années 1960 mettra un terme à cette belle époque.

Jean-François Caron

4. Les jolies vacances au bord du lac Saint-Joseph

Grève du lac Saint-Joseph à Duchesnay, A.-Euclide Paré, 1943, BAnQ, E6,S7,SS1,P11804.
Grève du lac Saint-Joseph à Duchesnay, A.-Euclide Paré, 1943, BAnQ, E6,S7,SS1,P11804.

Mes grands-parents maternels avaient une propriété depuis 1941 sur les bords du lac Sergent.

C’est là que mes parents se sont rencontrés lors de leurs vacances, alors que le frère de mon père avait aussi un chalet depuis 1946.

Aussi, dès ma naissance, j’ai été bercé sur les flots de ce magnifique lac où à mon tour, j’ai toujours une résidence d’été.

Enfant, j’allais passer, deux fois par été, deux semaines chez ma grand-mère.

J’aimais lire, me baigner et aller à la pêche où nous attrapions de grosses perchaudes et même une fois, un achigan de belle taille.

Puis, de 1962 à 1974, mon père est devenu copropriétaire de la Plage du lac Saint-Joseph (ancienne Plage Bouchard).

Nous avions l’usage d’un chalet deux semaines et le reste de l’été, c’était sous la tente.

C’est là que je me suis initié au canotage avec de grandes excursions jusqu’à Blueberry Beach, à Duchesnay ou sur la rivière aux Pins, de même qu'au ski nautique.

Un souvenir de Denis Racine

5. La plage Fortier

La plage Fortier, collection Jean Poirier.
La plage Fortier, collection Jean Poirier.

Dans les années 1960, beaucoup de citadins sont devenus banlieusards.

Malgré ce changement de vie et de rythme, les dimanches étaient longs et chauds durant l’été.

Toutefois, le rêve de patauger dans l’eau était relativement facile à réaliser. L’Ange-Gardien, une petite municipalité près de Sainte-Anne-de-Beaupré, offrait la Plage Fortier aux vacanciers.

Quelle joie lorsque mes parents nous annonçaient un dimanche à la plage.

Maillots de bain, dîner aux sandwichs, collation, chaises pliantes, couvertures : le coffre arrière de la voiture s’emplissait pour satisfaire les besoins des huit personnes qui formaient la famille.

Vivement que l’on profite du lac entouré d’une plage de sable et agrémenté de quelques glissades et balançoires.

Chacun des visiteurs délimitait son espace et le dimanche se passait en baignade, en châteaux de sable et en jeux sous le regard vigilant des parents.

Avec mes yeux de dix ans, aller à la Plage Fortier, c’était une grande expédition dans un vaste espace de sable et d’eau.

Mes yeux d’adulte m’ont rappelé à l’ordre, mais le souvenir de moments heureux est demeuré.

Un souvenir de Lucie Caron

6. Everell

Souvenir d'Everell, rue Sauriol, 2017, Google Earth Pro.
Souvenir d'Everell, rue Sauriol, 2017, Google Earth Pro.

Jusque dans les années 1940, Beauport était un lieu de villégiature assez fréquenté.

On avait dénommé ce secteur «Everell» du nom de l'administrateur de chemin de fer qui en fera la promotion.

En effet, c'est le passage du train vers Beaupré qui fait découvrir l'endroit.

De nombreux citadins en profitent pour aller y passer leurs vacances estivales.

Le père peut même se rendre au travail alors que sa famille profite de l'été. C'est la campagne en ville.

On y retrouve de luxueuses villas qui côtoient de modestes chalets.

La construction du boulevard Sainte-Anne freinera cet engouement et transformera plusieurs belles résidences en motels.

Jean-François Caron

7. L'OTJ

Moniteurs et enfants de l'O.T.J. devant la chapelle du parc Victoria, 1945, Archives de la Ville de Québec.
Moniteurs et enfants de l'O.T.J. devant la chapelle du parc Victoria, 1945, Archives de la Ville de Québec.

En 1929, l'Œuvre des terrains de jeux de Québec est créé par l'abbé Arthur Ferland.

Il en sera le premier directeur.

Le premier terrain de jeux est inauguré au parc Victoria.

Rapidement, on voit apparaître des OTJ dans toutes les paroisses de la région.

C'est la naissance des camps de jour où les enfants peuvent aller passer la journée à s'amuser avec des amis de leur âge au sein de groupes structurés et encadrés.

Quel bonheur pour les enfants, mais également pour les mères.

Ils profitent d'activités organisées et bien souvent d'une piscine.

Et tout ça, en ville, à quelques coins de rue de la maison.

Jean-François Caron

8. Le camp Trois-Saumons

Camp-école Trois-Saumons, Neuville Bazin, 1950 BAnQ, E6,S7,SS1,P77319.
Camp-école Trois-Saumons, Neuville Bazin, 1950 BAnQ, E6,S7,SS1,P77319.

Dans mon enfance, quand arrivait l’été, beaucoup de jeunes de Québec s’inscrivaient à des camps d’été pour y passer deux à quatre semaines. 

Ils pouvaient également s’y rendre en famille.

Il y en avait plusieurs, mais un camp de vacances se démarquait des autres.

Fondé à Québec dans les années 1940 par l’abbé Raoul Cloutier, mon oncle Raoul, ce camp-école était situé au lac Trois-Saumons, à Saint-Aubert de L’Islet.

C’était LE camp, là où les moniteurs des autres camps venaient se former, apprendre la voile ou la sécurité nautique.

Les moniteurs et les jeunes formaient une grande famille et revenaient d’année en année.

Le plus jeunes venaient rejoindre leurs grands frères, leurs cousins et les moniteurs étaient très souvent d’anciens campeurs.

On participait à des ateliers de tir à l’arc, de voile, d’entomologie, d’hébertisme, de natation, de camping et bien sûr, il y avait les feux de camp.

C’était l’occasion de se faire des amis pour la vie.

Je garde de merveilleux souvenirs de cet épisode de ma jeunesse.

Aujourd’hui encore, le camp continue, mais sous l'autorité des Camps Odyssée.

Je souhaite que l’esprit du camp-école Trois-Saumons perdure pour toujours.

Un souvenir de Jean Dorval


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