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Des milliers de dollars pour sauver son labrador

Marie-Ève D’Amours et son labrador blond Mistral. Son chien a reçu des traitements de chimiothérapie pour traiter son cancer.
Photo courtoisie Marie-Ève D’Amours et son labrador blond Mistral. Son chien a reçu des traitements de chimiothérapie pour traiter son cancer.

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Quand Marie-Ève D’Amours a appris que son chien Mistral souffrait d’un cancer au niveau des ganglions il y a plus d’un an, le coup a été dur.

La femme de 37 ans venait tout juste de perdre sa mère d’un cancer, après une longue bataille de 13 ans.

« C’est le chien de ma vie. C’est mon compagnon, c’est un membre de ma famille et il me suit partout. Je n’ai pas d’enfants et c’est comme un bébé pour moi. Ç’a été un coup de choc », raconte-t-elle.

Le Journal a rencontré Marie-Ève D’Amours à sa résidence de Laval. Son labrador au poil blond était en forme et n’avait plus de séquelles des traitements, mis à part une cicatrice causée par une intraveineuse.

Sa propriétaire n’a pas hésité à dépenser près de 9000 $ pour sauver son chien, même s’il était âgé de 10 ans. En tout, Mistral a reçu 16 traitements de chimiothérapie sur une période de six mois, jusqu’en septembre dernier.

« On a décidé de se battre »

« Mistral et moi, on s’était fait un pacte, on s’était dit minimum 12 ans. Alors, on a décidé de se battre. Je me suis dit que tant qu’il allait avoir une qualité de vie, on allait essayer. Et on a eu des super bons résultats », dit Marie-Ève D’Amours.

Le processus a parfois été un vrai parcours du combattant. Au début, il fallait se déplacer chaque semaine au département d’oncologie du Centre vétérinaire Laval pour faire une prise de sang et recevoir un traitement. Il y avait aussi des médicaments à donner matin et soir.

« Il avait sa pharmacie à lui », illustre Marie-Ève D’Amours. Il fallait également essayer mille et une tactiques pour lui redonner envie de manger, comme il avait perdu beaucoup de poids.

Mais, à la différence des humains, les effets secondaires sont faibles sur les animaux. Mistral n’a pas perdu de poils lors de sa chimiothérapie et il a retrouvé sa qualité de vie.

La Lavalloise ne regrette pas une seconde son choix, même s’il a été coûteux. « Pour moi, il n’y avait pas de prix pour mon chien. Quand tu regardes les statistiques, ça vaut-tu vraiment la peine ? Heureusement, je n’avais pas de contraintes financières », dit-elle.

La vie de Mistral devrait vraisemblablement être rallongée entre 12 et 18 mois, avant que le cancer ne refasse surface. Sinon, ce sera la vieillesse qui emportera le labrador. Marie-Ève D’Amours sait déjà qu’elle aura un autre chien, mais elle anticipe avec angoisse l’après-Mistral.

« Ça va être dur, très, très dur », dit-elle.

 

De 10 à 15 clients par jour

Marie-Ève D’Amours et son labrador blond Mistral. Son chien a reçu des traitements de chimiothérapie pour traiter son cancer.
Photo courtoisie

La chimiothérapie pour les animaux de compagnie est populaire, même si des propriétaires sont gênés de dévoiler qu’ils ont recours à ces traitements.

La vétérinaire spécialisée en oncologie Maude Touret, qui pratique au Centre vétérinaire Laval depuis quatre ans, rapporte qu’elle reçoit entre 10 et 15 clients par jour.

« Je vois majoritairement des chiens et des chats. Mais j’ai déjà eu des lapins, des furets ou des oiseaux. Les animaux de compagnie prennent une place de plus en plus importante au sein des familles », constate-t-elle.

« Certains de mes clients vont se sentir un peu coupables et n’osent pas trop en parler. Ils ont peur que ça coûte très cher. Et souvent, leur question, ça va être de demander si les voisins vont voir que leur chien fait de la chimiothérapie, parce qu’ils n’osent pas leur dire », ajoute la vétérinaire.

La spécialiste souligne que les cancers sont pourtant assez courants chez les animaux.

« Environ 25 % des chiens et des chats vont être atteints de cancer. S’ils ont 10 ans et plus, on tombe à 60 % », précise-t-elle.

Elle ajoute que si des clients ont parfois une assurance, plusieurs sont à la recherche d’options économiques et que peu vont dépenser jusqu’à 10 000 $. « Mon défi a été de trouver une solution parce que c’est très rare les gens qui vont dépenser 500 $ par semaine. Nous avons d’autres protocoles qui vont allonger la vie moins longtemps, mais qui seront moins dispendieux », explique Maude Touret.