/news/consumer
Navigation

Les bleuets des pères trappistes attendus par les gourmands

Ces petits fruits qui sont enrobés de chocolat gagnent toujours en popularité.

Chocolaterie des Pères Trappistes
Photo courtoisie Plus de 50 ans après le lancement du bleuet enrobé, les pères trappistes continuent de s’impliquer dans sa production et sa promotion. « Les gens ont toujours très hâte », observe le père Augustin Martel, membre de cette communauté religieuse depuis 1946.

Coup d'oeil sur cet article

Les pères trappistes de Dolbeau-Mistassini s’apprêtent à écouler 30 000 livres de bleuets cueillis à la main et enrobés de chocolat, une friandise qui fait leur fierté depuis plus de 50 ans.

Après quelques jours de retard en raison du manque de précipitations, ce qui a retardé la croissance des bleuets, la production de la fameuse gâterie peut commencer. La chocolaterie adjacente au monastère du Lac-Saint-Jean doit recevoir aujourd’hui sa première livraison de bleuets sauvages cueillis à la main par des agriculteurs locaux.

« Aux dernières nouvelles, on va avoir quand même beaucoup de bleuets dès la première journée de production », mentionne le directeur général de la chocolaterie, Dominique Genest.

En raison de la sécheresse, les bleuets sont un peu plus petits qu’à l’habitude, mais leur goût est inchangé, selon M. Genest. Il ne s’attend pas à d’autres problèmes d’approvisionnement.

L’entreprise pense pouvoir écouler 150 000 boîtes de chocolats aux bleuets partout au Québec, comme elle l’a fait l’été dernier.

Plus complexe qu’il y paraît

La saison de la cueillette ne laissera que quelques semaines aux employés de la chocolaterie pour confectionner leur friandise la plus populaire. Elle rapporte chaque année près du quart des profits.

« Ç’a commencé bien simplement, se souvient le père Augustin Martel. C’est un frère qui est arrivé et qui est allé ramasser un petit plat de bleuets dans le bois ici, pas très loin, et il est arrivé à la chocolaterie avec ça. On s’est dit qu’on allait essayer ça avec du chocolat et c’est comme ça que ça a commencé. »

« C’est important [pour nous], c’est un gagne-pain », souligne l’homme de 89 ans, qui continue de s’impliquer dans l’entreprise à raison de quatre heures par jour, pratiquement chaque jour de la semaine.

Pourtant, malgré son apparente simplicité, le bleuet enrobé est relativement complexe à fabriquer. Les petits fruits, cueillis à la main en grande quantité, doivent répondre à certaines normes de qualité et être enrobés moins de 24 heures après leur collecte.

Si la chocolaterie peut en préparer autant, c’est entre autres grâce à l’expertise d’une poignée de bleuetières avec qui elle entretient des liens depuis des années.

« C’est vraiment du “juste à temps”. On achète des bleuets, on les enrobe, on les met dans le frigo, on les livre et on recommence. [...] Il faut être un peu fou pour produire de grandes quantités comme ça », lance M. Genest.

Un aperçu du processus de fabrication.
Photo courtoisie
Un aperçu du processus de fabrication.

Croissance fulgurante

L’entreprise, propriété à 100 % des pères trappistes, connaît une croissance fulgurante, depuis cinq ans, à la suite d’investissements dans la capacité de production et du renouvellement de son image de marque.

Les visiteurs n’ont jamais été aussi nombreux. Ils étaient 20 000 l’an dernier, dont 70 % provenaient de l’extérieur de la région. Quant aux ventes, elles ont pratiquement doublé depuis 2013.

« Les pères trappistes ont toujours accueilli les gens, mais je dirais que depuis cinq ou six ans, on a décidé de les inviter. On est maintenant membre de Tourisme Lac-Saint-Jean et on a créé quelques activités sur le site », souligne Dominique Genest.

La chocolaterie cherche aussi à rejoindre prochainement le réseau des économusées, qui regroupe des musées d’artisans dans le domaine des métiers d’art et de l’agroalimentaire. Le projet de près d’un million de dollars pourrait voir le jour d’ici un an.

La chocolaterie des Pères trappistes

  • Fondée en 1939
  • 150 000 boîtes de bleuets enrobés vendues en 2017
  • 30 000 livres de bleuets à transformer chaque été
  • Entre 25 et 50 employés selon la période de l’année
  • Environ 400 points de vente au Québec