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Après un sévère AVC, un homme réoriente son entreprise vers l’aide aux handicapés

Marc Lacasse s’épanouit maintenant à « 100 % » dans son entreprise qui se spécialise dans les rampes pour personnes à mobilité réduite.
Photo Didier Debusschère Marc Lacasse s’épanouit maintenant à « 100 % » dans son entreprise qui se spécialise dans les rampes pour personnes à mobilité réduite.

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Un entrepreneur de Lévis a mordu à pleines dents dans la « deuxième chance » que la vie lui a offerte après un sévère AVC, une embûche qui lui a toutefois permis de réorienter sa jeune entreprise vers sa « mission de vie » : aider son prochain.

À quelques jours de ses 40 ans, Marc Lacasse devait aller passer une journée sur les pentes de ski au Relais en compagnie de ses trois enfants. Ce matin du 24 mars 2013 reste toutefois gravé dans sa mémoire pour une tout autre raison.

« Comme un gars chaud »

Dès son réveil, son côté gauche est paralysé et il présente un problème d’élocution. « J’étais comme un gars chaud », illustre-t-il. Après de brèves boutades en famille, sa condition alarme sa conjointe, qui y reconnaît les signes d’un accident vasculaire cérébral (AVC). Il doit faire vite : plus les soins tardent, plus les risques de séquelles permanentes sont élevés.

« L’affaire, quand on se réveille avec ça, c’est qu’on ne sait pas le moment où ça a commencé. Ça aurait pu être à minuit. J’ai été chanceux », raconte celui qui avait pourtant couru une vingtaine de kilomètres la veille, en prévision d’un marathon quelques mois plus tard.

Heureusement, se réjouit-il, l’accident est visiblement survenu peu avant son réveil. Rapidement soigné à l’hôpital, un médecin lui dit que la guérison pourra prendre « des mois, peut-être même des années ». Or, il n’en est rien.

« Le jour même, 12 heures après, je n’avais plus vraiment de symptômes. Il n’a pas pu m’expliquer le cas. Il m’a dit que j’étais chanceux et que je faisais partie des exceptions », se souvient-il, lui qui a été mis au repos forcé pendant un mois.

« J’ai l’impression d’avoir eu une deuxième chance. J’ai frôlé la mort », réalise-t-il.

Malgré un esprit entrepreneurial qui se manifestait dès l’adolescence, Marc Lacasse en était à ses premiers pas en tant qu’entrepreneur lorsque sa vie est passée à deux doigts de chavirer.

Aider les autres

L’homme qui a travaillé une dizaine d’années à l’approvisionnement aéronautique chez Bombardier a démarré une nouvelle entreprise, quelques mois avant son AVC, qui offrait une vaste gamme de produits destinés à la mobilité chez les personnes âgées. Mais la trentaine de jours qu’il a passés cloué au lit lui a permis de se « recentrer » en orientant différemment sa jeune entreprise. Maintenant à la tête de Go Rampe, qui se spécialise dans les rampes d’accès pour personnes de tous âges à mobilité réduite, il estime que son travail lui ressemble « à 100 % ».

« Aider les autres, ça fait partie de ma mission de vie. Je suis dans mon élément quand je rends service. Je veux donner une chance aux gens de profiter de la vie », affirme Marc Lacasse, lui qui estime être « le seul au Québec » à offrir pareil produit.

Les AVC au Québec

  • Environ 20 000 par année
  • Environ 130 000 personnes vivent avec des séquelles psychologiques ou physiques
  • 2 personnes sur 3 ne reçoivent pas les soins appropriés à temps