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Se tenir loin des géants du web comme Google et Facebook?

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Q: Google affiche des profits et Facebook des pertes. Dois-je investir dans les géants du web ?

R: Plusieurs investisseurs les boudent parce qu’ils les croient surévalués et vulnérables.

Les boursicoteurs (« qui font des spéculations sans grande importance à la Bourse ») adorent les FANG, acronyme de Facebook (FB), Amazon (AMZN), Netflix (NFLX) et Alphabet/Google (GOOG). Tellement que certains parlent de bulle spéculative qui rappelle celle des « dot com » de 2000.

Les FANG ont tout de même des revenus milliardaires (Google vient d’enregistrer son neuvième trimestre en hausse de plus de 20 % !). En cinq ans, le S&P500 a grimpé de 47 %, tandis que les titres FANG combinés, ont augmenté de... 290 %.

Mais, individuellement, ils sont affreusement chers. Prenez le ratio cours/bénéfice : celui de Facebook est à 35,99, Amazon est à 231,52, Netflix à 241,28 et Alphabet à 53,09. Comparez : Wal-Mart est à 29,10, Pfizer à 10,48, IBM à 23,98 et McDonald’s à 23,79. Avec les FANG, oubliez l’adage « achetez bas, vendez haut ».

Et même si les FANG dominent le monde, leur avenir n’est pas assuré. Si vous êtes un investisseur sérieux, votre horizon de placement dépasse les cinq ans. En matière de technologies, c’est une éternité.

Méfiez-vous

L’amende record de 4,34 milliards d’euros (6,6 G$) imposée par la Commission européenne pour position dominante n’a pas affecté le cours de Google. Mais le scandale de Cambridge Analytica a plombé celui de Facebook jeudi, effaçant plus de 100 milliards $ US en quelques heures. Facebook souffre de saturation aux États-Unis et au Canada, ses deux marchés clé.

Google et Facebook vivent essentiellement de la publicité. Et les dépenses publicitaires reflètent souvent l’état de l’économie. Un ralentissement sur fond de guerre commerciale entre les États-Unis et le reste du monde n’est pas à écarter.

Surtout : la désaffection d’annonceurs de toutes tailles laisse douter de leur efficacité. De plus, leurs tarifs sont artificiellement bas : leurs bilans en souffriront en cas de crise. Cambridge Analytica, les fake news et l’influence de la Russie sur la dernière élection présidentielle affectent Facebook, qui doit augmenter les dépenses en sécurité. La nouvelle norme européenne GDPR sur la confidentialité des données heurte de plein fouet leurs modèles d’affaires.

Du côté de Netflix, on brûle des sommes folles dans la production de films et de séries, alors que la croissance des nouveaux abonnés ralentit. De plus, Amazon, Apple et les studios traditionnels comme Disney (avec Hulu) ou HBO se sont eux aussi lancés dans les services de streaming et la production de contenus. Même YouTube écorche Netflix.

Amazon, certes, gagne de l’argent. Mais le titre devrait s’échanger 80 % moins cher en tenant compte des revenus, comparativement à Wal-Mart. Malgré une capitalisation de 904 milliards $ US, on parle de ventes de 193 G$ US pour une marge de profit de 2 %. Sans dividende.

Si vous tenez à investir dans la techno, achetez un FNB calquant le NASDAQ 100. C’est moins risqué.


Question à notre investisseur


Les informations publiées dans cette chronique ne constituent pas des conseils ou des recommandations formulées par Le Journal. Toute personne intéressée doit consulter les conseillers ou les professionnels autorisés à ces fins par l’Autorité des marchés financiers.