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La pétition contre le retour des ados arrêtés au Séminaire des Pères Maristes est déposée

Des parents et des organismes ont pris part à une conférence de presse pour officialiser le tout.
Photo Dominique Lelièvre Des parents et des organismes ont pris part à une conférence de presse pour officialiser le tout.

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Une pétition de 2866 signatures visant à empêcher le retour en classe des six garçons arrêtés pour avoir partagé des photos osées de leurs camarades a été remise jeudi au Séminaire des Pères Maristes.

Une conférence de presse a été organisée pour officialiser le dépôt de la pétition en présence d’organismes d’aide aux femmes et de plusieurs citoyens.

Le mouvement lancé par Ariane Litalien, cofondatrice de Québec contre les violences sexuelles, demande l’expulsion définitive des six garçons impliqués dans l’affaire, pour qu’ils ne côtoient pas leurs trois victimes présumées à la rentrée scolaire, à la fin du mois.

Des parents et des organismes ont pris part à une conférence de presse pour officialiser le tout.
Photo Dominique Lelièvre

Dans un message émouvant lu par l’une des responsables de la pétition, une victime présumée qui a pris le nom fictif de Coralie a révélé avoir fait une tentative de suicide à la suite des événements allégués.

«Pour le reste de ma vie, je vais haïr cette partie sombre de ma vie. Pour le reste de ma vie, j’aurai à vivre avec des souvenirs, avec des mots qui se remuent dans ma tête: pute, salope, slut. Pour le reste de ma vie, j’aurai à vivre avec des cicatrices dans mon cœur et sur ma peau, des cicatrices qu’ils ont créées. Je suis la victime et c’est moi qui dois changer d’école», a-t-elle écrit.

Elle est la seule des trois présumées victimes à avoir pris la décision de changer d’école, les deux autres se disant en réflexion.

Les suspects ont été arrêtés le 2 mai dernier par la police de Québec, après que des parents eurent informé la direction de l’école que des photos à caractère sexuel de leur fille avaient commencé à circuler.

Ils avaient alors été suspendus pour le reste de l’année scolaire. Ils doivent comparaître à la Chambre de la jeunesse, où ils pourraient faire face à des accusations de possession et de distribution de pornographie juvénile.

Malgré les réticences de plusieurs parents, la direction du Séminaire des Pères Maristes a maintenu, à ce jour, sa décision de réintégrer les ados arrêtés à la rentrée scolaire, expliquant qu’aucun d’eux n’a encore été officiellement accusé et que, l’enquête policière n'étant pas terminée, l’implication réelle de chacun des six élèves dans les faits présumés n’a pas été établie.

«Nous traitons ce dossier complexe avec toute la sensibilité et le doigté que commande la situation. En temps et lieu, nous ferons connaître les développements de ce dossier», a réagi dans un bref courriel, jeudi, le directeur général du Séminaire des Pères Maristes, François Sylvain.

Plusieurs revendications

Les signataires revendiquent aussi la révision de la politique de l’école contre la violence et l’intimidation et veulent ouvrir un débat plus large sur l’encadrement en matière de violence sexuelle dans les établissements primaires et secondaires de la province.

Ils proposent pour ce faire l’élaboration d’une loi-cadre.

«Au Québec, il n’existe aucune loi pour s’assurer que les institutions primaires et secondaires répondent de façon adéquate aux plaintes de violence sexuelle qu’elles reçoivent. Il n’existe pas non plus de standards en matière de politiques institutionnelles pour prévenir et répondre à la violence sexuelle dans les écoles. Le résultat: des jeunes victimes qui ont peu de recours en cas d’inaction de leur école, et des politiques sur l’intimidation et la violence qui omettent, trop souvent, la question des violences sexuelles», expliquent les instigateurs de la pétition dans un communiqué.

Les candidates du Parti québécois et de Québec solidaire dans la circonscription de Taschereau, Diane Lavallée et Catherine Dorion, étaient présentes à la conférence de presse pour appuyer l’idée d’une loi-cadre.

Par voie de communiqué, la Coalition Avenir Québec a également réagi à la pétition en réaffirmant sa volonté de doter les régions du Québec d’un protecteur de l’élève si le parti prend le pouvoir en octobre.