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L'agrile du frêne se répand à Québec

La moitié des 35 quartiers de Québec sont maintenant touchés

L’agrile du frêne ne sévit plus seulement dans les quartiers centraux en haute-ville. L’insecte ravageur se propage plus rapidement qu’anticipé et frappe près de la moitié des quartiers de Québec.
Photo Sophie Côté L’agrile du frêne ne sévit plus seulement dans les quartiers centraux en haute-ville. L’insecte ravageur se propage plus rapidement qu’anticipé et frappe près de la moitié des quartiers de Québec.

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L’agrile du frêne ne sévit plus seulement dans les quartiers centraux en haute-ville. L’insecte ravageur se propage plus rapidement qu’anticipé et frappe près de la moitié des quartiers de Québec.

Grâce au dépistage effectué au cours des dernières semaines à l’aide de 200 pièges, la Ville de Québec a découvert que l’agrile du frêne ne se retrouve plus seulement au cœur du quartier Montcalm et des secteurs environnants en haute-ville.

En gris, sur cette carte de la Ville de Québec, tous les quartiers où l'agrile du frêne a été détecté cet été.
Photo Sophie Côté
En gris, sur cette carte de la Ville de Québec, tous les quartiers où l'agrile du frêne a été détecté cet été.

L’insecte nuisible est maintenant présent dans 17 des 35 quartiers de Québec. Il a infesté des frênes plus au nord et plus à l’ouest, dans les arrondissements de La Cité-Limoilou, des Rivières (Duberger-Les Saules, Vanier) et de Sainte-Foy–Sillery-Cap-Rouge (jusqu’au quartier de l’Aéroport).

« Ça va plus vite, honnêtement, que ce qu’on pensait », a concédé jeudi, en point de presse sur la rue des Frênes, le conseiller en environnement à la Ville de Québec, Jérôme Picard.

S’il parle d’une « augmentation forte » et « au-dessus des prévisions », il rapporte que le portrait de la situation concorde avec l’historique de propagation de l’insecte.

Gagner du temps

Pour lutter contre l’agrile du frêne et éviter des coupes massives qui défigureraient le paysage, plusieurs « actions proactives » ont été mises en place par la Ville.

La Ville de Québec informe la population par le biais d'affiches apposées sur les frênes que des pièges ont été installés cet été dans certains d'entre eux pour détecter la présence de l'agrile du frêne.
Photo Sophie Côté
La Ville de Québec informe la population par le biais d'affiches apposées sur les frênes que des pièges ont été installés cet été dans certains d'entre eux pour détecter la présence de l'agrile du frêne.

Plutôt que les 500 prévus cet hiver, ce sont finalement quelque 1150 frênes qui seront traités au biopesticide TreeAzin en 2018.

Ce traitement, qui doit être répété aux deux ans, permet de ralentir les effets dévastateurs de la bestiole. Certains arbres peuvent ainsi gagner au moins une dizaine d’années de vie.

Sur la photo, Léticia Dufresne, porte-parole de la Ville de Québec, tient dans ses mains une photo de la rue des Frênes, où ces arbres couvrent littéralement l'artère. À ses côtés, Jérôme Picard, conseiller en environnement à la Ville de Québec.
Photo Sophie Côté
Sur la photo, Léticia Dufresne, porte-parole de la Ville de Québec, tient dans ses mains une photo de la rue des Frênes, où ces arbres couvrent littéralement l'artère. À ses côtés, Jérôme Picard, conseiller en environnement à la Ville de Québec.

« On ne parle pas d’éradication [de l’agrile du frêne], a insisté M. Picard. On peut juste étirer le temps d’un arbre, mais au bout de la ligne, le frêne est un peu sous la menace constante », a-t-il rappelé, soutenant que l’impact dans la ville sera « indéniable ».

Parallèlement, environ 800 frênes sur le domaine public, dont la moitié sont des arbres de petits diamètres, doivent être abattus en 2018.

Sur cette photo, une capture du 11 juillet où l'agrile du frêne a été détecté dans un des nombreux frênes de la rue du même nom.
Photo Sophie Côté
Sur cette photo, une capture du 11 juillet où l'agrile du frêne a été détecté dans un des nombreux frênes de la rue du même nom.

Actuellement, 210 frênes ont déjà été coupés depuis la découverte de l’insecte dans le quartier Montcalm, l’été dernier.

Les frênes abattus sont remplacés par diverses essences, adaptées à la vie en ville.

« Triste », mais...

Jérémie Lefebvre et sa conjointe ont déménagé en mai sur la rue des Frênes dans Limoilou, qui les a charmés avec ses arbres matures.

Le Journal leur apprenait jeudi qu’un des deux frênes situés sur leur terrain avant avait été traité au TreeAzin.

« C’est triste, le quartier est tellement beau avec ces grands arbres matures qui englobent la rue, c’est ce qui lui donne du cachet, a réagi l’homme devant l’éventualité que, graduellement, les frênes disparaissent du paysage. Mais on ne peut rien faire ; au moins, s’ils replantent après, c’est déjà ça », a-t-il enchaîné.

La lutte à l’agrile

  • Dépistage par le biais de pièges et d’écorçage de branches
  • Abattage et remplacement par une diversité d’essences
  • Traitements au TreeAzin pour freiner l’infestation
Vous avez un frêne ?
  • Tarif préférentiel offert par la Ville pour le TreeAzin jusqu’au 31 août (environ 100 $ pour un frêne de 30 cm de diamètre)
  • Seulement 90 propriétaires ont levé la main jusqu’à maintenant
  • L’abattage de frênes est interdit entre le 1er avril et le 30 septembre
  • 22 000 frênes sont sur des terrains privés
  • 12 000 sur des terrains publics
« C’est un défi d’information [...] C’est le même principe qu’ailleurs [où l’agrile du frêne a frappé], c’est un lent départ et ensuite les gens commencent à réaliser un peu plus ce qui se fait au niveau de l’abattage. [...] Il faut être proactifs. »
 
-Jérôme Picard, conseiller en environnement à la Ville de Québec