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Le DGEQ aura les groupes Facebook à l’œil

Il veut adapter la loi électorale à la nouvelle réalité numérique

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Le Directeur général des élections du Québec surveillera de près le phénomène des groupes de pression sur les médias sociaux, comme Québec Fier, afin de proposer une modernisation de la loi électorale.

Actif depuis la mi-juin, Québec Fier se présente comme un « collectif » et publie régulièrement sur sa page Facebook des photos et messages dénonçant le gouvernement Couillard.
Captures d'écran Facebook
Actif depuis la mi-juin, Québec Fier se présente comme un « collectif » et publie régulièrement sur sa page Facebook des photos et messages dénonçant le gouvernement Couillard.

Comme le rapportait Le Journal jeudi, Québec Fier est un groupe Facebook qui milite activement contre les libéraux aux niveaux provincial et fédéral. Ses administrateurs y publient notamment des photos associant le président de la campagne du PLQ, Alexandre Taillefer, à des « profiteurs et corrompus ».

Le groupe est calqué sur Ontario Proud, qui a travaillé à la défaite de la première ministre libérale Kathleen Wynne au printemps dernier. Les deux entités sont dirigées par des proches du Parti conservateur du Canada, mais assurent en être indépendantes.

Si Québec Fier affirme avoir peu ou pas de dépenses pour le moment, son cousin ontarien a investi des sommes importantes dans sa lutte contre Kathleen Wynne, notamment 200 000 $ en publicité sur Facebook, en plus d’un autre montant non dévoilé pour la création d’une vidéo virale.

Moderniser la loi

Au Québec, la loi interdit à un groupe tiers (non représenté par un agent officiel) de faire de la publicité partisane une fois les élections déclenchées. Par contre, rien n’encadre les sommes dépensées avant le déclenchement d’une élection. Si aucune somme n’est engagée, comme pour un simple message publié sur Facebook, la loi ne s’applique pas.

Toutefois, le DGEQ surveille la situation afin d’adapter la loi à la nouvelle réalité numérique et à l’arrivée des élections à date fixe.

« Présentement, on est à une étape où on collige les informations qui nous amèneront probablement à faire des recommandations pour modifier la loi et baliser les dépenses qui se font en contexte préélectoral », explique la porte-parole du DGEQ, Julie St-Arnaud.

Employé congédié

Par ailleurs, un employé du sénateur conservateur Larry Smith, Maxime Hupé, a été remercié de son emploi mercredi lorsqu’il a été révélé qu’il avait réservé le nom de domaine et la page Facebook de Québec Fier.

Bien qu’il en soit demeuré administrateur et conseiller, cet ex-directeur des communications de Maxime Bernier assure que le tout était géré depuis son lancement, en juin dernier, par Jean-Philippe Fournier et l’animateur Éric Duhaime.

C’est ce que Le Journal avait rapporté, alors que le chroniqueur Yves-François Blanchet a soutenu jeudi qu’il s’agissait d’une erreur. « C’est vraiment Jean-Philippe qui animait la page, inspiré avec les idées d’Éric », dit M. Hupé.

« Yves-François [Blanchet] avait de la misère à comprendre ça, mais moi j’ai réservé le nom de domaine et la page Facebook au départ, ajoute-t-il au sujet du chroniqueur du 98,5 FM, qui avait aussi rapporté la création de Québec Fier. Alors, techniquement, c’est moi qui ai parti Québec Fier, mais je n’avais pas le temps de m’en occuper. »

Ses propos rejoignent ceux de Jean-Philippe Fournier, la veille. « C’est sûr qu’il [Maxime Hupé] a donné quelques conseils par rapport à ça, disait-il, mais c’est 100 % moi et Éric qui sommes dans cette page-là. »