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Une sobre soirée

Véronique Gens et les Violons du Roy impeccables

La soprano française Véronique Gens a brillé vocalement, vendredi, lors d’un récital avec les Violons du Roy, sous la direction de son chef Jonathan Cohen.
Photo Didier Debusschère La soprano française Véronique Gens a brillé vocalement, vendredi, lors d’un récital avec les Violons du Roy, sous la direction de son chef Jonathan Cohen.

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Le public peut, parfois, faire toute la différence dans un spectacle. Froid et modéré, en début de soirée, lors du concert mettant en vedette Véronique Gens avec les Violons du Roy, il a fini par se manifester un peu tardivement.

La soprano française qui a chanté sur les plus grandes scènes lyriques était de passage, vendredi, au Palais Montcalm, à l’occasion du Festival d’opéra de Québec, avec un programme constitué d’œuvres de Rameau, Gluck, Haydn, Mozart et Beethoven.

Après une superbe entrée en matière avec l’ouverture de l’opéra Hippolyte et Aricie, de Rameau, où l’ensemble québécois, sous la direction du chef Jonathan Cohen, a « téléporté » le public dans une autre époque, Véronique Gens s’est pointée sur scène vêtue d’une longue robe noire.

La soprano a interprété un doublé avec les pièces Quels doux concerts et Cruelle mère des amours de cet opéra créé en 1733.

Véronique Gens est en retenue. On ne la sent pas totalement habitée par ce qu’elle chante, même si la voix est impeccable.

La soprano française Véronique Gens a brillé vocalement, vendredi, lors d’un récital avec les Violons du Roy, sous la direction de son chef Jonathan Cohen.
Photo Didier Debusschère

Le public, lui aussi, en retenue, a mis du temps à se manifester. Il a fallu attendre une bonne quinzaine de minutes avant d’entendre les premiers applaudissements.

Les Violons du Roy ont provoqué le premier moment de grâce avec une interprétation tout à fait majestueuse de l’Entrée de Polymnie des Boréades de Rameau.

Les sonorités de bassons de Mathieu Lussier et de Mary Chalk étaient en synergie totale avec les violons. Une interprétation qui s’est étrangement terminée sans applaudissement. Même chose lors de l’Air pour les esclaves africains des Indes galantes de Jean-Philippe Rameau.

Véronique Gens est ensuite sortie de sa coquille avec l’air « Dieux puissants que j’atteste/Jupiter lance la foudre » de l’opéra Iphigénie en Aulide de Gluck.

Manque de charisme

La soprano, qui n’est pas très charismatique, est habitée par ce qu’elle chante. On le constate dans sa gestuelle, à la suite des coups d’archet dramatiques du contrebassiste de Raphaël McNabney et des violoncellistes Raphaël Dubé et Blair Lofgren. Un segment, tout juste avant l’entracte, où le public a finalement manifesté son approbation.

Véronique Gens a poursuivi, en deuxième partie, dans une robe rouge, avec « Vado, ma dove o Del ! », de Mozart, le Ah ! Perfido de Beethoven, où elle s’est éclatée vocalement, et l’air « Voi che sapete » des Noces de Figaro, offert en rappel. Deux moments où le public est à son tour sorti de sa coquille, applaudissant longuement la soprano et les musiciens.

Est-ce qu’une « salle » plus démonstrative aurait pu élever le concert à un autre niveau ? Difficile de savoir, mais chose certaine, on peut dire que la chaleur et l’émotion n’étaient pas totalement au rendez-vous.