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Dernier hommage émouvant à la jeune femme assassinée

Ses proches veulent sensibiliser les gens au nouveau visage de la violence conjugale

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Photo Agence QMI, Toma Iczkovits Les proches de Kim Racine, trouvée sans vie il y a une semaine, lui ont rendu un dernier hommage samedi dans une salle de Terrebonne.

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TERREBONNE | Une amie proche de la jeune femme présumément tuée par son ex-petit ami il y a une semaine affirme ne pas s’être doutée que la relation tumultueuse mènerait à un événement aussi tragique.

« C’était du in and out, c’était un cercle vicieux, leur relation. Il y avait souvent des chicanes, mais jamais on aurait imaginé que ça irait jusque-là. Tout le monde ici se sent coupable », a raconté Stéfanny Royer, qui connaissait bien Kim Racine.

<b>Stéfanny Royer</b></br>
<i>Amie</i>
Photo courtoisie
Stéfanny Royer
Amie

La famille et les proches de la jeune femme de 24 ans, retrouvée sans vie dans la maison d’un ami à Saint-Isidore, en Montérégie, lui ont rendu un dernier hommage samedi, à Terrebonne. Son ex-ami de cœur, Eugène Morin, 36 ans, a été formellement accusé lundi de meurtre non prémédité.

« Kim n’était pas le cliché de la femme battue, avec des bleus et qui se cache en dessous de la table. C’était une femme qui se tenait debout. Je me rends compte aujourd’hui que ce n’est plus juste ça, la violence conjugale. C’est plus sournois et ça peut dégénérer très rapidement », ajoute Mme Royer.

Selon elle, Kim Racine ne s’identifiait pas comme une femme prise dans une relation toxique.

« Il faut changer le visage de la violence conjugale. C’est de plus en plus psychologique et ça peut être monsieur-madame Tout-le-monde », ajoute son amie, qui espère qu’on fera mieux connaître les ressources disponibles.

Des regrets

Les amis de la jeune femme savaient que le couple se disputait souvent. Ils affirment qu’ils lui avaient dit souvent de partir, mais regrettent aujourd’hui de ne pas être intervenus davantage.

« Je m’imaginais seulement qu’ils se tiraillaient. Mais quand elle est partie [se réfugier chez son ami], on aurait dû dénoncer à la police pour dire qu’il y avait de la violence conjugale », regrette Stéfanny Royer.

Sa famille dit avoir tenté à plusieurs reprises de la sortir de son milieu.

« On lui avait offert de déménager, on avait loué le camion, mais elle a toujours refusé. Son copain intervenait et l’empêchait de partir. Des fois, je me demande si j’aurais dû aller la kidnapper, quand son copain n’était pas là », a indiqué son père, Éric Racine, qui habite à Halifax.

Il a tenu à transmettre un message aux personnes prises actuellement dans une relation toxique, pour que la mort de sa fille ne soit pas vaine.

« Il y a des signes, comme la violence verbale, la manipulation, les lettres d’excuses... Généralement, plus ça change, plus c’est pareil. Partez, changez de vie. Il ne vaut pas la peine, et il y en aura d’autres gars », a-t-il insisté.