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Une radio pour les anglophones de Québec?

Un diffuseur torontois se bat depuis plus de dix ans pour une fréquence

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Une guerre des ondes se dessine à Québec, où l’une des dernières fréquences radio disponibles, réclamée depuis une décennie par un groupe torontois, pourrait bientôt être attribuée.

Le ​Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) a annoncé la semaine dernière qu’il étudiait de nouveau la possibilité d’octroyer une nouvelle licence dans le marché de Québec après avoir mis ce dossier sur la glace il y a deux ans.

À l’époque, l’ouverture d’une nouvelle fréquence avait fait grand bruit parmi les diffuseurs qui se disputent les ondes de la capitale.

Il faut dire que la bande FM y est très chargée. L’opérateur de cette nouvelle station bénéficierait de « l’une des dernières fréquences FM connues disponibles à Québec », soit le 105,7, selon le CRTC.

Mais aussi, l’un des diffuseurs intéressés par cette fréquence, l’entreprise torontoise Dufferin Communication, cherche depuis 2007 à lancer à Québec une radio commerciale de langue anglaise, même si moins de 2 % de la population a pour langue maternelle l’anglais.

Quotas francophones

Cela ne plaît pas aux diffuseurs présents dans le marché qui y voient une tentative de contourner les controversés quotas forçant les radios francophones à diffuser 65 % des pièces musicales en français.

Hésitant, le CRTC a déjà dit non deux fois au groupe ontarien qui en est maintenant à sa troisième demande pour une licence.

« Nous savons que la communauté [anglophone] veut cette station. Elle la demande depuis très longtemps. De plus, Québec est une ville très touristique, alors il y a vraiment un besoin », plaide la vice-présidente de Dufferin Communications, Carmela Laurignano, qui admet que le processus s’est avéré « frustrant » jusqu’à présent.

L’entreprise, qui possède trois stations dans la grande région de Montréal, imagine une radio diffusant de la musique populaire et de l’information destinée à la minorité anglophone de la région de Québec, qui compte près de 13 000 membres.

Opposition

En 2016, les grands propriétaires de radios à Québec se sont tous opposés à l’établissement d’une nouvelle station tant que le CRTC n’aura pas révisé sa politique de quotas. Dans un mémoire conjoint, Bell, Cogeco et RNC s’inquiétaient des « incidences concurrentielles extrêmement négatives » qu’aurait l’arrivée d’une radio musicale de langue anglaise. Pour le moment, aucun d’eux n’a modifié sa position auprès de l’agence fédérale.

« C’est leur argument, mais mon point, c’est que si c’est tellement profitable, pourquoi ils ne l’ont jamais fait ? Ils sont là depuis toujours. [...] Il y a une opportunité pour servir ce marché [en anglais], mais ce n’en est pas un qui va générer des millions de dollars en profits », répond Carmela Laurignano.

Il y a deux ans, d’autres groupes ou gens d’affaires avaient aussi montré de l’intérêt pour la fréquence 105,7, dont l’ancien patron de CHOI Radio X, Patrice Demers. Il n’a pas été possible de rejoindre M. Demers, hier, pour connaître ses intentions actuelles.