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Stingray veut battre Spotify

Les règles fiscales différentes pour les firmes étrangères rendent la tâche ardue

Eric Boyko
Photo Francis Halin Le PDG de Stingray, Eric Boyko, veut vendre les noms des chaînes à la télévision : « Par exemple, la chaîne classique et jazz serait TD. La “Hit List”, Budweiser. ». Il croit pouvoir engranger 250 000 $ de revenus par année par chaîne de cette façon.

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Le fournisseur de musique québécois Stingray se donne 10 ans pour devenir le numéro 1 mondial en musique continue pour battre des géants comme le suédois Spotify sur son propre terrain.

« On veut être le numéro 1 mondialement en musique en termes de revenus, d’abonnés et de capitalisation boursière », a déclaré le PDG de Stingray, Eric Boyko, en marge de l’assemblée annuelle des actionnaires de l’entreprise, mercredi, à ses bureaux de Montréal.

M. Boyko note que 90 % de la musique écoutée en ligne vient « de monde qui se font des listes », et que c’est précisément là qu’il souhaite devenir le numéro 1. « À la fin Spotify, Google, Apple et Amazon se battent pour ce 10 % [restant] », explique-t-il.

Pour y arriver, M. Boyko espère cependant bénéficier des mêmes règles fiscales que son concurrent.

« Spotify est au Canada. Il faudrait qu’il collecte TPS et TVQ. On se bat contre lui », ajoute-t-il.

Le grand patron de Stingray a d’ailleurs pu constater à la dure les conséquences de ce traitement fiscal quand il a mis la main sur Qello en début d’année.

« Quand on a acheté Qello, qui était américaine, on avait 10 000 clients canadiens. On leur a dit : “À partir d’aujourd’hui, on doit vous collecter la TPS et TVQ.” La moitié se sont désabonnés », explique-t-il.

Bons résultats

Au premier trimestre de 2019, Stingray a vu ses revenus bondir de 16,1 %, passant de 29,7 millions $ à 34,45 M$ par rapport à la même période l’an dernier.

Son bénéfice net a presque quadruplé, passant de 280 000 $ l’an passé à 1,3 M$ cette année.

Son bénéfice net ajusté est passé quant à lui de 5,7 M$, ou 0,11 $ par action à 5,9 M$, ou 0,10 $ par action au plus récent trimestre.

La croissance des abonnés et les acquisitions de Qello Concerts, de Satellite Music Australia PTY et SBA Music expliquent ces résultats, selon l’entreprise.

Music Choice

Mercredi, l’achat de Music Choice était sur toutes les lèvres lors de l’assemblée des actionnaires. À un moment, M. Boyko a même dû se reprendre pour s’assurer de ne pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué.

« On a fait l’acquisition de Music Choice. Oups ! On n’a pas fait l’acquisition. On a fait une offre hostile, excusez-moi », s’est-il repris, provoquant les rires complices de l’assistance.

À la fermeture des marchés, le titre de Stingray se vendait 9,14 $, en baisse de moins de un pour cent, par rapport à son prix de 9,20 $ à l’ouverture des marchés.