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Nouvelle offensive contre le décrochage scolaire

15 millions $ seront octroyés pour aider les jeunes de milieux défavorisés à diplômer

GEN - SABRINA GINGRAS
Photo Agence QMI, Martin Alarie Sabrina Gingras, 16 ans, participe au programme Passeport pour ma réussite à Verdun depuis qu’elle a commencé ses études secondaires. Le gouvernement veut aider les jeunes issus de milieux défavorisés à poursuivre leurs études.

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Québec s’apprête à octroyer un financement de 15 millions $ pour aider 3100 jeunes de milieux défavorisés à obtenir leur diplôme d’études secondaires.

Le ministère de l’Éducation prévoit attribuer ce financement au programme Passeport pour ma réussite, afin qu’il rejoigne davantage de jeunes aux quatre coins de la province, peut-on lire dans un avis d’intention publié par le ministère de l’Éducation.

Ce programme, qui est basé sur des partenariats avec des organismes locaux, est implanté à Montréal dans le quartier de Verdun depuis une dizaine d’années, de même qu’à Lachine, Pointe-Saint-Charles, Sherbrooke, Shawinigan et Mashteuiatsh.

Il s’agit d’une approche communautaire « qui a fait ses preuves », affirme Michel Perron, professeur retraité de l’Université du Québec à Chicoutimi et expert en matière de lutte au décrochage scolaire.

Présent dans sept autres provinces canadiennes, Passeport pour ma réussite prévoit un soutien scolaire, mais aussi social, personnel et financier (voir encadré).

Les jeunes reçoivent de l’aide aux devoirs, du tutorat, du mentorat, des services d’aide personnalisés selon leurs difficultés.

Environ 1000 élèves québécois y participent chaque année, souvent à partir de la première secondaire, indique le vice-président de Passeport pour ma réussite pour le Québec, Sandro Di Cori.

« Le but est vraiment de créer un lien de confiance et de proximité avec le jeune », affirme-t-il.

« Je suis plus sociable »

C’est ce qui a fait la différence pour Sabrina Gingras, 16 ans, qui habite Verdun à Montréal. Grâce à ce programme, la jeune fille a élargi son cercle d’amies et elle est maintenant beaucoup mieux entourée, raconte-t-elle.

« À l’école, j’avais deux ou trois amies, mais ça se limitait à ça, je n’étais pas trop ouverte. Maintenant, j’ai rencontré beaucoup de monde et je suis beaucoup plus sociable. »

De son côté, Michel Perron précise qu’il sera important d’évaluer les impacts de ce programme, à moyen et long terme.

Égide Royer, professeur en adaptation scolaire à l’Université Laval, pense aussi que cette approche peut être efficace, à condition de l’implanter correctement.

Il se demande si les 15 millions $ investis par Québec seront suffisants pour offrir aux 3100 jeunes visés tous les services prévus.

Confiant

M. Di Cori se montre quant à lui confiant, puisque le financement repose sur des dons provenant du secteur privé, qui s’ajoutent au financement prévu par Québec.

« On ne se serait pas embarqué dans ce projet [avec le ministère de l’Éducation] si on n’avait pas été sûr d’atteindre les résultats », affirme-t-il.


Qu’est-ce que le programme Passeport pour ma réussite ?

  • Soutien scolaire : aide aux devoirs, tutorat
  • Soutien social : mentorat, exploration de choix de carrière
  • Soutien personnalisé : service d’aide selon les défis du jeune (lutte à l’intimidation ou intégration de nouveaux arrivants, par exemple)
  • Soutien financier : bourses d’étude et de stage, billets de transport en commun pour se rendre à l’école et bons pour les repas du midi
  • Les services sont offerts par un organisme communautaire avec qui Passeport pour ma réussite s’associe dans différentes régions du Québec.