/finance/business
Navigation

Pourquoi si peu de camionneuses?

Ottawa va payer 294 000 dollars pour répondre à cette question et dégager des pistes de solution

Elba Espinosa, camionneuse et formatrice au Centre de Formation du Routier de Montréal, croit que les femmes sont une des solutions à la pénurie de main-d’œuvre.
Photo Agence QMI, Maxime Deland Elba Espinosa, camionneuse et formatrice au Centre de Formation du Routier de Montréal, croit que les femmes sont une des solutions à la pénurie de main-d’œuvre.

Coup d'oeil sur cet article

OTTAWA | Le gouvernement fédéral va dépenser près de 300 000 dollars pour comprendre pourquoi il n’y a pas plus de femmes qui deviennent camionneuses, a appris Le Journal.

Aujourd'hui, le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, sera de passage à Montréal au nom de la ministre de la Condition féminine, Maryam Monsef, afin d’annoncer une enveloppe de 294 000 $ pour une étude sur trois ans menée par l’organisation Camo-Route.

Le but : « modifier les pratiques des entreprises et des centres de formation en matière de recrutement, d’intégration et de formation pour faire en sorte que davantage de femmes trouvent un emploi dans cette industrie », souligne le communiqué de l’annonce obtenu par Le Journal.

Soulignons qu’en 2017, seulement 7 % des employés dans les domaines d’opération d’équipement de transport et de machinerie lourde étaient des femmes.

Bientôt 50 000 postes vacants

Or, l’industrie vit présentement une importante pénurie de main-d’œuvre et estime qu’il manquera jusqu’à 50 000 camionneurs d’ici 2020.

« Le gouvernement fédéral est engagé à accroître la participation des femmes dans des domaines comme le transport et autres secteurs qui sont traditionnellement réservés aux hommes. Cette excellente initiative de Camo-Route permettra à un plus grand nombre de femmes de trouver un emploi dans l’industrie du camionnage », croit le ministre Garneau.

Cette décision est applaudie par Elba Espinosa, camionneuse depuis 2006 et formatrice au Centre de Formation du Routier de Montréal (CFRM).

« Quand j’ai commencé dans le domaine, il y avait énormément de sexisme envers les femmes. Mais la situation s’est beaucoup améliorée depuis et les femmes ne doivent pas avoir peur de ce métier. Si les hommes sont capables de le faire, les femmes le sont aussi », lance en riant Mme Espinosa.

De plus en plus de femmes

D’ailleurs, les femmes s’intéressent déjà de plus en plus au métier, selon les statistiques du CFRM. S’il y en avait très peu d’inscrites à des formations de camionnage il y a à peine cinq ans, les femmes représentaient près de 10 % des inscriptions lors de la dernière session (50 des 600 places).

Selon Mme Espinosa, il est plus que nécessaire d’augmenter le nombre de femmes dans cette industrie, qui en manque cruellement depuis des dizaines d’années, pour ainsi leur faciliter la vie.

« Il y a encore certains secteurs qui sont plus machos et masculins, mais il y a d’autres métiers où nos étudiants sont quasiment tous des femmes, indique Mme Espinosa. L’industrie va seulement s’améliorer s’il y a plus de femmes, et surtout celles issues de minorités visibles, qui s’y lancent. »