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«Ce genre de choses n’arrive pas à Fredericton»

Un tireur abat deux civils et deux policiers dans la paisible capitale du Nouveau-Brunswick

La police de Fredericton et la GRC font le guet devant l’immeuble à logements où a eu lieu le drame, hier.
Photo REUTERS La police de Fredericton et la GRC font le guet devant l’immeuble à logements où a eu lieu le drame, hier.

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FREDERICTON | Le mystère planait toujours, hier soir, sur les motifs qui ont poussé en début de journée un tireur à abattre quatre personnes, dont deux policiers, semant la terreur dans un paisible quartier résidentiel de Fredericton, au Nouveau-Brunswick.

Il était environ 7 h 10 quand les résidents de la promenade Brookside, un secteur populaire et familial dans le nord de la capitale néo-brunswickoise, ont été réveillés par les premiers coups de feu. Les citoyens dans un large périmètre ont été sommés de demeurer à l’intérieur par les nombreux policiers lourdement armés à investir l’endroit.

Le service de police de Fredericton et la Gendarmerie royale du Canada (GRC), chargée de l’enquête, ont révélé certains détails de leur intervention, en fin de journée, mais les motivations du tireur ou l’arme utilisée demeurent inconnues.

Deux patrouilleurs

À gauche, le policier Robert Costello. Père de quatre enfants, il travaillait depuis 20 ans comme policier. Il vivait pour son travail, selon sa conjointe, à qui il avait promis de toujours rentrer à la maison.<br>
À droite, la policière Sarah Burns. Mariée et mère de trois garçons, elle s’était jointe à la police il y a deux ans, après deux ans comme agente auxiliaire.
Photo AFP
À gauche, le policier Robert Costello. Père de quatre enfants, il travaillait depuis 20 ans comme policier. Il vivait pour son travail, selon sa conjointe, à qui il avait promis de toujours rentrer à la maison.
À droite, la policière Sarah Burns. Mariée et mère de trois garçons, elle s’était jointe à la police il y a deux ans, après deux ans comme agente auxiliaire.

Les policiers Lawrence Robert Costello, 45 ans, un vétéran du corps policier avec 20 ans de service, et Sara Mae Burns, une mère de famille de 43 ans, ont péri dans un échange de tirs avec le suspect. Les deux patrouilleurs étaient les premiers à répondre aux nombreux appels reçus par la police faisant état de coups de feu dans le secteur. À leur arrivée, deux victimes, les citoyens tués, gisaient au sol. C’est en les approchant qu’ils ont été mortellement atteints par balles.

Les policiers n’ont pas dévoilé l’identité des deux victimes civiles, mais ont confirmé qu’il s’agit d’un homme et d’une femme, chacun d’âge adulte.

Jenn Rivenbark était avec sa fille de 18 ans quand la fusillade a éclaté dans le complexe d’immeubles situé en face de sa maison. Elle a passé près d’une heure allongée au sol, de peur d’être ciblée par le tireur.

« J’étais terrifiée. Je ne savais pas d’où venaient les tirs, alors c’était très angoissant. Je ne voulais pas qu’ils atteignent ma résidence et qu’ils nous blessent. [...] Ç’a semblé durer une éternité », a raconté la mère de 48 ans au Journal.

Le siège a duré jusqu’à 9 h 30, au moment où des policiers ont fait irruption dans un appartement au dernier étage de l’un des quatre bâtiments pour y arrêter le suspect, un homme de 48 ans originaire de Fredericton dont le nom n’a pas été dévoilé. Il est maintenant traité à l’hôpital pour des blessures sérieuses après un échange de coups de feu avec la police.

« Surréel »

Un autre résident a décrit les événements comme étant « surréels ».

« Ce genre de choses n’arrive pas à Fredericton, mais c’est arrivé. Deux officiers sont décédés ainsi que deux autres personnes, et je ne sais même pas si je les connais », a laissé tomber Pierre Huard, qui dit connaître plusieurs locataires de l’immeuble où le drame s’est joué.

Cette tuerie rappelle de tristes souvenirs aux habitants du Nouveau-Brunswick, qui ont encore en mémoire la fusillade perpétrée par Justin Bourque il y a quatre ans, à Moncton, au cours de laquelle trois officiers de la GRC ont péri.

 

La classe politique réagit

La police de Fredericton et la GRC font le guet devant l’immeuble à logements où a eu lieu le drame, hier.
Photo AFP

« Je suis de tout cœur avec ceux qui sont touchés par la fusillade survenue ce matin. Nous suivons la situation de près. »

- Justin Trudeau, premier ministre du Canada

 


La police de Fredericton et la GRC font le guet devant l’immeuble à logements où a eu lieu le drame, hier.
Photo d'archives, Annie T. Roussel

« Nouvelle choquante et dévastatrice de Fredericton ce matin. Jill et moi prions pour les familles de ces courageux agents et toutes les personnes touchées par la violence de ce matin. »

- Andrew Scheer, chef du Parti conservateur

 


La police de Fredericton et la GRC font le guet devant l’immeuble à logements où a eu lieu le drame, hier.
Photo AFP

« Nous n’oublierons jamais les deux policiers décédés, dont le sacrifice a sans aucun doute sauvé des vies et empêché une tragédie encore plus grave. »

- Ralph Goodale, ministre de la Sécurité publique

 


La police de Fredericton et la GRC font le guet devant l’immeuble à logements où a eu lieu le drame, hier.
Photo d'archives, Stevens LeBlanc

« Des nouvelles tragiques arrivent de Fredericton. Mon cœur est avec toutes les personnes touchées par la fusillade et tous les premiers répondants. »

- Jagmeet Singh, chef du Nouveau Parti démocratique

 


« Nos cœurs sont brisés par le meurtre de deux de nos braves policiers. En ce moment de choc et de deuil, protégeons leurs familles. »

- Mike O’Brien, maire de Fredericton

— Avec la collaboration de l’Agence QMI