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Les Hells tentent d’éviter la police

Les motards ont convergé en grand nombre vers leur rassemblement annuel à Saint-Charles-sur-Richelieu

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SAINT-CHARLES-SUR-RICHELIEU | Le jeu du chat et de la souris s’est poursuivi entre les forces de l’ordre et les motards criminels qui ont convergé vers la Montérégie, vendredi, pour leur rassemblement national où la Sûreté du Québec avait déployé deux importants blocages routiers.

 Les policiers de la Sûreté du Québec ont contrôlé vendredi les Hells qui circulaient sur l’autoroute 20 en direction de Saint-Hyacinthe.
Photo Martin Alarie
Les policiers de la Sûreté du Québec ont contrôlé vendredi les Hells qui circulaient sur l’autoroute 20 en direction de Saint-Hyacinthe.

Toute la journée, les policiers de la Sûreté du Québec (SQ) ont contrôlé en direction est et ouest les Hells Angels qui circulaient sur l’autoroute 20 vers Saint-Hyacinthe.

Les motards en route vers la Canada Run, réunion annuelle obligatoire pour les membres en règle du groupe criminel, se faisaient systématiquement intercepter par les policiers. Ils devaient se plier à un contrôle d’identité, puis à une vérification mécanique.

Des agents de renseignements en ont aussi profité pour renouveler leur album photo.

Plusieurs provinces

Des représentants du club affichant les couleurs de la Colombie-Britannique, du Québec et du Nouveau-Brunswick ont été vérifiés, qu’ils soient à moto ou même en voiture. Il a aussi été possible de voir des Hells du Manitoba, de l’Ontario et de l’Alberta.

Une fois libérés des procédures, les « participants » ont vu leur identité être consignée par les autorités, ce qui leur permettra d’éviter de se faire contrôler à nouveau durant le week-end.

Un seul convoi d’importance, d’une vingtaine de motos, a été intercepté au courant de la journée.

 Une vue aérienne du repaire des Hells du chapitre South, à Saint-Charles-sur-Richelieu, où avait lieu le party.
Capture d’écran, TVA Nouvelles
 Une vue aérienne du repaire des Hells du chapitre South, à Saint-Charles-sur-Richelieu, où avait lieu le party.

La majorité des Hells ont plutôt utilisé des minibus pour se rendre vers le repaire du chapitre South à Saint-Charles-sur-Richelieu et ainsi déjouer en partie la surveillance. Le Journal a pu constater en soirée un va-et-vient constant des navettes entre le lieu du party et les différents hôtels de Saint-Hyacinthe où ils étaient logés.

Des agents de renseignements y étaient néanmoins postés en permanence, photographiant tous les débarquements et identifiant les différents motards.

Deux sympathisants assurant la sécurité du site semblaient heureux de se retrouver.
Photo Martin Alarie
Deux sympathisants assurant la sécurité du site semblaient heureux de se retrouver.

Des sympathisants avec des chandails « Support 81 » assurant la sécurité du site tentaient de les en empêcher en plaçant des véhicules devant l’entrée. Le « 8 » correspond à la huitième lettre de l’alphabet, le « H », pour Hells, tandis que le « 1 » représente la première lettre, soit le « A », pour Angels.

Plusieurs représentants des chapitres québécois sont arrivés bien en selle sur leur moto et ont vite été remarqués par les policiers, après l’heure du souper.

Un hélicoptère de la SQ a aussi été mis à contribution pour assurer une veille aérienne à basse altitude sur l’autoroute 20 et les routes secondaires.

Circulation

Le déploiement policier a d’ailleurs causé un important ralentissement de la circulation à la sortie de Montréal toute la journée, surtout pour les automobilistes qui se dirigeaient vers Québec.

En plus de la SQ, des agents de plusieurs autres corps de police participaient à la surveillance.

Environ 700 Hells Angels et leurs sympathisants étaient attendus aux « festivités » du Canada Run.

Tranquilles

À Saint-Hyacinthe, où plusieurs motards sont hébergés, la présence de la bande ne semblait pas importuner les citoyens.

« Pourvu qu’ils restent tranquilles et qu’ils paient leurs factures, ça ne me dérange pas », a commenté le gérant d’un restaurant situé près de deux hôtels qui logent des membres du groupe criminel de l’Ouest canadien. Il a préféré taire son identité et celle de son enseigne pour ne pas faire fuir la clientèle.

Dans les stationnements d’hôtels en après-midi, des « frères » de l’Ontario et de la Colombie-Britannique s’étaient rassemblés avant de se diriger en navette vers le rassemblement prévu en soirée.