/entertainment/comedy
Navigation

Les jeunes cassent la baraque

Phil Roy récidive avec un excellent gala au ComediHa! Fest-Québec

Coup d'oeil sur cet article

S’il y avait encore quelqu’un qui doutait de la force de la nouvelle génération d’humoristes, il n’y en a plus après le gala ComediHa ! animé par Phil Roy, vendredi, sous le thème «35 ans et moins». L’animateur et ses invités sont débarqués avec leurs styles tous aussi originaux les uns que les autres, une énergie du tonnerre, et un numéro de clôture qui restera gravé dans le cœur des trentenaires.

La barre était haute après son désopilant gala l’an dernier. Mais l’ingénieux numéro de clôture, complètement jubilatoire, était rien de moins que du bonbon pour ceux qui ont vécu trois décennies.

Phil Roy, dont la génération «a été élevée par la télé», a réalisé le fantasme de rassembler sur la même scène ses idoles télévisuelles. Quelle surprise de voir apparaître ainsi la marionnette Bibi, venue lui dire que les dessins qu’il lui a envoyés n’étaient finalement pas si beaux.

Puisque l’humoriste a été marqué par Star Académie, Corneliu Montano est venu pousser la note, Jessica Barker, la Julie des Intrépides est débarquée en scooter, Mirianne Brûlé nous a rappelé l’époque Ramdam, et Michel Charrette, alias Jean-Lou Duval, a livré son fameux rap de Radio Enfer devant une foule survoltée. Quelle brillante idée.

En ouverture, Phil Roy était parti fort avec une critique de la génération dont il fait partie, un long monologue livré de manière impeccable. «Les stories Instagram, c’est comme le film Hot Dog. On l’a tourné, on le partage pareil!», a-t-il lancé avant une boutade contre ceux qui possèdent des téléphones Samsung, et les influenceurs.

Déjanté

Pierre-Yves Roy-Desmarais
Photo Simon Clark
Pierre-Yves Roy-Desmarais

À 23 ans, Pierre-Yves Roy-Desmarais a brisé la glace avec assurance pour son tout premier gala en carrière. Il fallait voir ses mimiques lorsqu’il imitait son professeur de musique complètement gelé lors d’une journée d’examen. Le public n’a pas hésité à lui faire cadeau d’une ovation.

L’humoriste belge PE, qui a déjà fait la première partie de Gad Elmaleh, a été amusant, mais sans plus. Après avoir étalé avec hargne ses expériences répugnantes dans les toilettes publiques, Julien Lacroix nous a fait pleurer de rire avec l’idée déjantée et absurde de simuler un numéro en anglais, en racontant une histoire sans queue ni tête.

Comme l’an dernier, Jean-Michel Anctil est le seul humoriste au-delà de 35 ans autorisé à être au gala. «Je suis resté jeune de cœur», a-t-il dit. «Pas certain que ton cardiologue en dirait autant», lui a balancé Phil Roy.

Pier-Luc Funk et Phil Roy ont livré ensemble un numéro tordant, dans lequel l’humoriste tentait d’apprendre les rudiments du métier à son ami comédien.

Aussi drôle qu’intelligent

En deuxième partie, Phil Roy a été aussi drôle qu’intelligent, expliquant à son grand-père sa génération «mystère», qui parle à grand coup de «swag», «lol», «yolo» et qui a une sexualité différente. «Il y a plus d’orientations sexuelles qu’il y a de pains au subway», a-t-il comparé.

Après un caméo de Sarah-Jeanne Labrosse qui nous a permis de comparer les Donalda des deux époques, le grand-père de Phil Roy est débarqué sur scène habillé et coiffé comme Jay Du Temple. Le public était hilare.

Puis, le vrai Jay Du Temple a ensuite surfé entre les anecdotes dans son numéro, passant d’une rencontre avec Kevin Parent qu’il imite à la perfection, à la découverte de la sexualité. Seule humoriste féminine du gala, Rosalie Vaillancourt a réussi à nous faire rire avec une étrange, crue et plutôt dégoûtante anecdote sur une «fausse» fausse couche, avant que l’inclassable Yannick de Martino et Sam Breton fassent tout un tabac eux aussi.