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Pas d’été chaud

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Le Congrès des jeunes libéraux ce week-end marquera le retour de la véritable joute politique. On a déjà senti que Philippe Couillard a voulu lancer quelques flèches à la CAQ ces derniers jours.

Jusqu’à cette semaine, l’été politique avait été tout sauf chaud. Malgré une campagne qui sera déclenchée dès la fin août, cet été fut politiquement tranquille.

Il va de soi que l’été n’a jamais été la saison la plus propice pour essayer d’intéresser les citoyens aux détails des programmes politiques. On sort de la routine, on profite du beau temps, la grande majorité des gens veulent la paix avec la politique.

Nous étions quand même plusieurs observateurs de la politique à penser que les partis joueraient néanmoins du coude, l’échéance étant si rapprochée. On pouvait notamment s’attendre à ce que le meneur François Legault se retrouve sur la défensive sous les attaques de ses adversaires.

Legault tranquille

Qui aurait prédit que François Legault aurait un été mille fois plus tranquille que l’homme de théâtre Robert Lepage ? Qui aurait pu imaginer que monsieur Legault pourrait faire ses annonces de candidatures dans différentes régions comme un touriste en gougounes dérangé par rien.

Les premiers surpris sont les gens de la CAQ eux-mêmes. On me dit qu’ils avaient mis de l’avant toute une stratégie défensive pour répliquer aux adversaires. Des porte-parole importants devaient rester disponibles, prêts à riposter aux coups durs. Ceux-ci sont restés sur leur chaise longue avec le cellulaire prêt... mais il ne s’est rien passé.

Comment expliquer cela ? Est-ce que les adversaires des caquistes sont plus affaiblis qu’on le pense ? Comme un boxeur dont on espère qu’il explosera au prochain round, mais qui en réalité en arrache pour se lever du tabouret et se tenir debout dans le ring.

Ou encore est-ce que les adversaires de la CAQ, les libéraux en particulier, ont entre les mains les bombes à neutron pour faire dérailler la CAQ et ils attendent seulement que le public soit un peu plus attentif au sortir des vacances pour faire feu ?

Depuis des mois, les libéraux nous promettent une série de candidatures impressionnantes juste au moment du déclenchement. Ils n’ont pas tort de penser que de nos jours, l’opinion publique bouge très vite, mais il va finir par se faire tard. Dans huit petites semaines, tout sera fini.

Remarquez qu’un été politiquement tranquille, où il fait beau de surcroît, cela aide aussi en général la satisfaction envers le gouvernement. Le gouvernement nous tape moins sur les nerfs lorsqu’il fait beau et qu’on ne parle plus de lui. Mais dans ce cas-ci, le gouvernement libéral et son chef partent de loin dans la perception des francophones.

Et le PQ ?

Quant au PQ, Jean-François Lisée a tenté de marquer quelques points en défendant la liberté d’expression après l’annulation renversante des œuvres de Lepage. Impact minime.

J’aime bien leur campagne humoristique. Même si ce choix est une reconnaissance que le PQ a besoin de se rendre sympathique, parce les Québécois n’écoutent même plus.