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De plus en plus d’aînés endettés et au bord de la faillite

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Illustration Fotolia

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Depuis quelques années, l’endettement des personnes âgées a explosé. Elles sont d’ailleurs de plus en plus nombreuses à faire faillite.

Sont-elles davantage à risque que les autres segments de la population ?

Les aînés sont aux prises avec un niveau d’endettement grandissant. Et les statistiques sont claires : en 2005, 8 % des dossiers de faillite et de proposition de consommateur concernaient les personnes de 65 ans et plus. En 2015, le taux avait grimpé à 10 % et même à 12 % en 2017, selon le Bureau du surintendant des faillites.

« Ce groupe représente aujourd’hui celui qui a le plus augmenté pour les faillites et les propositions de consommateurs, soit une personne sur huit », remarque Pierre Fortin, syndic autorisé en insolvabilité et président de Jean Fortin et Associés.

Lourdes dettes de cartes de crédit

Concrètement, quels sont les montants en jeu ? On évalue que les aînés qui font faillite ou une proposition de consommateur ont accumulé en moyenne 22 000 $ en dettes non garanties (cartes et marges de crédit, prêts personnels, etc.), incluant 13 000 $ de cartes de crédit, soit 60 % de la totalité du montant. Or, dans les autres catégories d’âge, les dettes de cartes de crédit ne représentent que 41 % (ces chiffres et les suivants proviennent des compilations effectuées par Jean Fortin et associés, sur un échantillon de 10 000 dossiers).

Pierre Fortin explique cette différence par le fait qu’il s’agit de l’outil de crédit le plus facilement accessible pour les aînés. « C’est dangereux, car c’est aussi celui qui est le plus coûteux en intérêts, en moyenne 20 % », déplore-t-il.

Les personnes à la retraite ont en effet plus de difficulté à obtenir un prêt personnel ou une marge de crédit par exemple, parce que leurs revenus – les rentes – sont faibles et fixes, en plus d’être insaisissables. Ils ne constituent donc pas une garantie intéressante pour les créanciers qui sont moins enclins à leur prêter.

De faibles revenus

Seulement 16 % des personnes retraitées touchent un salaire d’appoint en plus de leurs prestations des régimes de rentes gouvernementaux. Résultat, le revenu net médian de ce segment de la population est de 19 000 $, un montant bien souvent insuffisant pour assurer un niveau de vie convenable.

Par conséquent, le crédit à la consommation est largement utilisé pour combler le manque à gagner. Il représente plus de 115 % du revenu disponible des aînés ayant fait faillite ou ayant déposé une proposition de consommateur, comparativement à environ 38 % dans la population en général.

Une question de fierté

Même s’ils éprouvent des difficultés financières, les aînés répugnent à en parler à leur entourage. « Ils ont honte et cachent même leurs problèmes à leurs enfants. D’ailleurs, certains préfèrent ne pas faire faillite pour une question de fierté personnelle et optent plutôt pour la proposition de consommateur », explique Pierre Fortin.

Il précise qu’il a déjà vu des personnes de 80 ans choisir cette solution, alors qu’il va leur falloir cinq ans pour en venir à bout. Un fardeau bien plus lourd que la faillite, car cette dernière aurait pu être bien plus avantageuse pour eux...

Conseils

  • La génération des baby-boomers est la première qui a eu accès au crédit facile. Une fois à la retraite, elle doit vivre avec les conséquences de cet endettement. Soyez conscient de cette réalité et modérez vos achats de biens de consommation, tout particulièrement à l’approche de la retraite.
  • La marge de crédit hypothécaire est un outil très en vogue qui permet d’utiliser sa résidence comme une véritable carte de guichet. Voyages, véhicule motorisé, rénovations... on peut tout financer ! Le problème est qu’une fois parvenu à la retraite, on n’a pas fini de payer l’hypothèque, ce qui constituera une importante source d’endettement à cette période de la vie où les revenus diminuent.