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Artificier, un métier familial loin de la routine

Pierre-Yves Bélanger, Sarah Daniella Bélanger, Philippe Gravel
Dominick Gravel/Agence QMI Pierre-Yves Bélanger, Sarah Daniella Bélanger, Philippe Gravel

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Depuis le début de l’été, les artificiers des Feux Loto-Québec à Montréal n’avaient pas eu beaucoup de répit. Maintenant que la saison est terminée et qu’ils ont rangé leur matériel, ils ont le temps de lever le voile sur ce métier hors du commun.

Comme la plupart de ses collègues artificiers à Montréal, François Léger mène une double vie. Durant l’année scolaire, il est technicien de laboratoire dans un cégep. Une fois l’été arrivé, il confectionne et tire des feux d’artifice à La Ronde. Il le fait depuis 32 ans.

François Léger
Dominick Gravel/Agence QMI
François Léger

«On peut penser que c’est redondant faire ça aussi longtemps, mais non. Les feux, la musique, on arrange les deux et il n’y a jamais un spectacle identique quand on monte le plan d’un pays en compétition ici. La différence avec d’autres œuvres, c’est que les feux, ça n’arrive qu’une fois. Une des choses qui me plaît dans ça, c’est le côté éphémère», dit l’artificier, qui est âgé de 64 ans.

Sa passion s’est transmise de génération en génération puisque le fils et la fille de M. Léger, Virginie Ève et François Philippe, travaillent eux aussi dans cette industrie.

François Léger et François-Philippe Martel, père et fils.
Dominick Gravel/Agence QMI
François Léger et François-Philippe Martel, père et fils.

Il croise les doigts, puisque la plus grave blessure qu’il a subie jusqu’à maintenant depuis la création des Feux Loto-Québec en 1985 est, par chance, des sourcils brûlés.

Près de 3 millions de personnes se déplacent à La Ronde, sur le pont Jacques-Cartier ou sur l'une des deux rives du fleuve chaque saison pour voir les feux d’artifice exploser dans la métropole.

Une «famille»

Pierre-Yves Bélanger profite lui aussi de l’été, depuis 15 années, pour retrouver sa «famille» estivale d’une vingtaine de spécialistes en art pyromusical à La Ronde.

Sarah-Daniella-Bélanger, Philippe Gravel, Pierre-Yves Bélanger
Dominick Gravel/Agence QMI
Sarah-Daniella-Bélanger, Philippe Gravel, Pierre-Yves Bélanger

«Mon grand-père faisait des feux d’artifice il y a plus de 65 ans, puis mon père et mes oncles aussi. C’est une passion et une drogue. C’est comme ça pour notre équipe à Montréal, mais à l’international aussi, c’est très familial comme milieu. Tout le monde se connaît », raconte M. Bélanger.

« Il y a deux canaux pour devenir artificier. Le premier, c’est tes parents qui t’apprennent la pyrotechnie [...]. Le deuxième chemin, c’est des gens qui travaillent dans le milieu du spectacle qui apprennent ça en faisant des cours », ajoute-t-il.

Jeux olympiques

Martyne Gagnon, directrice de L'International des Feux Loto-Québec, explique que les artificiers travaillent d’arrache-pied durant la compétition, au point d’être à l’oeuvre durant plus de 70 heures par semaine.

Martyne Gagnon, directrice de l'International des feux
Dominick Gravel/Agence QMI
Martyne Gagnon, directrice de l'International des feux

«On compare souvent les Feux de Montréal avec les Jeux olympiques de la pyrotechnie. On a un site idéal et permanent. On leur demande de faire comme une peinture dans le ciel de Montréal. C’est très important pour eux cette compétition», soutient Martyne Gagnon.