/news/society
Navigation

Minimaisons: les obstacles sont nombreux

festival des mini-maisons vieux port
Nadia Lemieux / 24H

Coup d'oeil sur cet article

L’engouement pour les minimaisons prend de l’ampleur au Québec, mais il demeure pour l’instant presque impossible de les habiter, ont dénoncé des gens du milieu pendant du Festival des minimaisons qui se déroulait ce week-end au Vieux-Port de Montréal.

Lorsque Kevin Vaillancourt s’est séparé de sa conjointe il y a quatre ans, il a décidé de ne pas déménager dans un nouvel appartement. À la place, il s’est acheté une fourgonnette équipée comme une maison et est parti à la conquête de l’Amérique du Nord.

«J’ai calculé combien mon véhicule, le loyer, l’électricité, l’internet et tout me coûtaient. Je me suis dit : ‘‘je pourrais travailler deux fois moins et quand même avoir la même quantité d’argent dans mes poches si je restais dans mon véhicule’’», raconte-t-il.

Il a changé son mode vie par souci de simplicité volontaire. «Le bonheur, ça ne va pas avec l’argent et le nombre de pieds carrés», lance-t-il.

Lui et d’autres propriétaires d’autobus scolaires et de fourgonnettes transformés en milieux de vie soigneusement calculés ont exposé leurs véhicules tout le week-end au Vieux-Port dans le cadre de la quatrième édition du Festival des minimaisons.

«Démarches pénibles»

Les véhicules aménagés en maison, comme celui de M. Vaillancourt, demeurent pour l’instant l’un des seuls moyens d’habiter un semblant de minimaison au Québec.

À quelques exceptions près, peu de municipalités acceptent que soient construites sur leur territoire des minimaisons d’une superficie de 600 pieds carrés et moins, déplore la cofondatrice du Mouvement québécois de la minimaison (MQMM), Josée Bilodeau.

«Chaque fois que les gens veulent créer un quartier, faire un développement ou s’acheter un terrain pour implanter une minimaison, il faut qu’ils fassent changer la réglementation. Souvent, les villes ne veulent pas, alors il faut recommencer dans la ville voisine, explique-t-elle. Ce sont des démarches qui sont très pénibles et très longues.»

Le MQMM récolte présentement des signatures dans le cadre d’une pétition qui sera déposée au ministère des Affaires municipales. Il souhaite que le gouvernement modifie sa réglementation afin de faciliter la construction de minimaisons.

En demande

Pendant le Festival, des personnes âgées, des étudiants et des jeunes familles ont défilé dans une minimaison sur roues d’une superficie de 116 pieds carrés, ouverte à la visite et construite par Dominique Frappier, un entrepreneur basé à Saint-Lin–Laurentides.

Après une journée et demie, une douzaine de visiteurs lui avaient déjà fait part de leur intérêt sérieux pour lancer leurs projets de minimaison.

«S’il y a déjà une résidence principale de construite sur le terrain, la plupart des municipalités vont accepter la présence d’une minimaison, mentionne-t-il. Il a aussi les campings qui ont des emplacements quatre saisons.»

M. Frappier espère que les démarches du MQMM porteront fruit dans un avenir rapproché. «On veut que le gouvernement établisse des règles claires et qu’il fasse des lois par rapport à ça, parce que [les minimaisons] sont en demande. Les gens en veulent, mais en ce moment, c’est un peu n’importe quoi.»