/news/society
Navigation

Vague de solidarité pour un jeune endeuillé

La police de Québec se mobilise pour fournir un équipement de hockey à Charles-Antoine

Grâce aux dons recueillis au sein du Service de police de la Ville de Québec, le sergent à la détention Denis Couture et le patrouilleur Mathieu Renaud achèteront un équipement de hockey flambant neuf au petit Charles-Antoine.
Photo Jean-François Desgagnés Grâce aux dons recueillis au sein du Service de police de la Ville de Québec, le sergent à la détention Denis Couture et le patrouilleur Mathieu Renaud achèteront un équipement de hockey flambant neuf au petit Charles-Antoine.

Coup d'oeil sur cet article

Son rêve de jouer au hockey étant compromis à la suite du décès subit de son beau-père, le petit Charles-Antoine pourra finalement enfiler des patins grâce à un élan de solidarité de la police de Québec.

Le 15 juillet dernier, vers 22 h, l’agent Mathieu Renaud rédigeait un rapport au poste de police de Beauport lorsque sa partenaire et lui ont reçu un appel. « Une dame demandait de l’aide, elle avait retrouvé son conjoint inanimé. La panique était prise sur place, elle ne savait pas trop quoi faire », relate le patrouilleur.

Témoins de la scène

Le duo se met en direction et arrive en premier sur les lieux. Au sol se trouve un homme, inerte. Sa conjointe et son fils de 12 ans sont témoins de la scène. « On a fait tout ce qu’on pouvait pour le sauver », se souvient M. Renaud. En vain. Le décès a été constaté sur place.

Le patrouilleur est resté sur la scène près de trois heures, cette nuit-là. Durant ce temps, il s’est entretenu avec Charles-Antoine, 12 ans. Le gamin réalisait tranquillement qu’il venait de perdre son beau-père, qu’il a toujours considéré comme étant son propre père. « Le jeune était super calme, ça m’a marqué. Il disait à sa mère : “Je vais t’aider maman”. Ça m’a vraiment surpris », poursuit le policier.

À un certain moment, le garçon lui confie qu’il devait commencer à jouer au hockey, à la mi-août. Il prend toutefois conscience que son rêve risque de ne pas se concrétiser, étant donné les événements. « Papa ne pourra pas venir avec moi au hockey. Il avait payé l’inscription, mais il ne pourra pas venir avec moi acheter l’équipement », lui aurait exprimé le petit.

Lui-même amateur de hockey, l’agent Renaud a été touché par ces confidences. « C’est venu me chercher. Ça m’a rentré dedans, c’est certain », résume-t-il. À un point tel que, dès le lendemain, il proposait à la famille d’entamer des démarches pour acheter un équipement de hockey flambant neuf à Charles-Antoine, pour lui permettre d’aller à son camp d’entraînement, le 17 août.

Avec la bénédiction de la famille, Mathieu Renaud a contacté son collègue, le sergent à la détention Denis Couture, qui est aussi propriétaire d’une compagnie d’équipement de hockey. Il embarque.

Fournir l’équipement

Un courriel est alors envoyé aux 800 employés de la police de Québec ainsi qu’à ceux du service 911. L’objectif ? Amasser des fonds pour équiper le petit. « Du casque aux patins ! », s’exclame Denis Couture, qui vise un don d’un dollar par personne. Les sommes excédentaires, s’il y a lieu, seront versées à une fondation.

Déjà, quelques centaines de dollars ont été recueillies. Ravis de ce succès, les deux policiers se réjouissent de pouvoir aider un jeune, dans ces circonstances dramatiques. La mobilisation au sein du corps policier pour cette cause a d’ailleurs eu pour effet de renforcer le sentiment d’appartenance au service, estime Denis Couture. « Ça nous réunit », dit-il.

La porte-parole du Service de police de la Ville de Québec salue quant à elle l’engagement des deux hommes. « Oui, on est là pour appliquer le Code criminel, les lois, les règlements. Mais bien souvent, ça va au-delà de ça », analyse Mélanie Jobin.

Il croyait devoir abandonner le hockey

« Ça nous a vraiment touchés. Charles-Antoine n’aurait vraiment pas pu jouer si on n’avait pas eu ce coup de main là. »

La famille de Charles-Antoine ne s’attendait pas à ce que la police de Québec lui propose d’aider le petit à jouer au hockey, au lendemain du décès subit d’un des leurs.

La surprise était telle que la maman du jeune a tout d’abord poliment décliné l’offre faite par le policier Mathieu Renaud

Des responsabilités

Face au décès soudain de son conjoint, il devenait assez ardu pour elle de jongler avec toutes les responsabilités – coûts, déplacement, transport, etc. – rattachées à une saison de hockey.

Le jeune de 12 ans avec sa tante, Doriane Angers.
Photos Jean-François Desgagnés
Le jeune de 12 ans avec sa tante, Doriane Angers.

Et Charles-Antoine était « prêt à abandonner ça, parce qu’il voyait que ça serait difficile ou impossible », explique sa tante, Doriane Angers.

Rapidement, toutefois, le garçon de 12 ans est revenu sur son désir de sauter sur la glace. Ne faisant ni une ni deux, Mme Angers a contacté l’agent Renaud pour accepter sa main tendue.

« Si ça peut lui donner un petit peu de bonheur dans ce qu’il vit, je pense que c’est la moindre des choses d’essayer de faire tout ce qu’on peut pour y arriver et l’aider », plaide-t-elle.

Il se dit « fier »

Le rêve deviendra finalement réalité pour Charles-Antoine, qui se dit « fier » de pouvoir sauter sur la glace d’ici quelques jours.

« Je ne pensais pas que j’allais pouvoir jouer au hockey. C’est mon sport préféré », lance le garçon, les yeux brillants, qui veut devenir policier plus tard.

Le gamin était lui aussi très surpris que des policiers s’unissent pour lui acheter un équipement neuf.

« C’est très gentil. On remercie beaucoup les policiers », se réjouit le petit. Même son de cloche chez sa tante, « impressionnée » par la mobilisation des troupes de la police de Québec.

« On a vraiment été touchés par ça. On est vraiment contents et reconnaissants », poursuit-elle.

Le policier Mathieu Renaud entend d’ailleurs prendre des nouvelles de Charles-Antoine, à l’avenir. « Il va falloir que tu me signes un autographe », lui lance-t-il, en riant.