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5 corridors potentiels pour un 3e lien Québec-Lévis

La construction avec un gouvernement libéral débuterait en 2026

La ministre déléguée Véronyque Tremblay.
Photo Jean-François Desgagnés La ministre déléguée Véronyque Tremblay.

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Cinq corridors potentiels sont désormais étudiés pour l’implantation d’un 3e lien entre Québec et Lévis, dont la construction pourrait commencer en 2026, a annoncé hier la ministre déléguée aux Transports, Véronyque Tremblay.

Trois mois après l’octroi d’un contrat de 6,7 M$ pour la réalisation d’une étude d’opportunité, la ministre Tremblay est montée sur la scène de l’Anglicane, à Lévis, afin de faire le point sur l’avancement des travaux.

« La volonté et l’engagement de notre gouvernement sont clairs : nous allons réaliser un troisième lien routier entre Québec et Lévis et nous allons le faire correctement », a déclaré d’entrée de jeu Mme Tremblay, en écorchant au passage la CAQ, qui presse le pas.

Un seul scénario du côté ouest

« L’étude des besoins (premier volet de l’étude d’opportunité) ne nous permet pas, à ce moment-ci, d’identifier le tracé du 3e lien », a révélé la ministre, devant les journalistes.

Toutefois, cinq « corridors potentiels » ont été identifiés par le Groupement mobilité inter-rives, chargé de mener l’étude.

Un seul est situé dans le secteur privilégié par le maire de Québec, Régis Labeaume, du côté ouest.

La ministre déléguée Véronyque Tremblay.
Photo Jean-François Desgagnés, Journal de Québec

Les quatre autres scénarios sont du côté est, soit à la hauteur de Saint-Romuald, de la raffinerie Valero ou du chantier Davie, et finalement, le tracé le plus connu, vis-à-vis de la pointe de l’île d’Orléans.

À quelques différences près, la plupart de ces tracés ont déjà fait l’objet d’analyses par le passé. Dès 1970, les experts embauchés par le ministère des Transports avaient conclu qu’un passage par l’île d’Orléans exigeait « moins d’expropriations ».

Dans son étude livrée au gouvernement en 2016, l’expert Bruno Massicotte concluait aussi qu’il s’agissait de « la solution la plus avantageuse vis-à-vis de la faisabilité technique, de la fonctionnalité et des coûts ».

Échéancier « optimiste et réaliste »

À la fin de l’étude des besoins, en décembre, trois de ces cinq scénarios seront retenus. Il faudra attendre la fin de l’étude des solutions et du dossier d’opportunité, en 2020, pour qu’à terme, un seul et unique scénario soit proposé.

Qualifiant l’échéancier actuel « d’optimiste et réaliste », la ministre Tremblay a signalé que la construction du 3e lien entre les deux rives pourrait commencer dès 2026.

La ministre déléguée Véronyque Tremblay.
Photo Jean-François Desgagnés, Journal de Québec

Selon le directeur du Bureau de projet sur le 3e lien, Richard Charpentier, commencer la construction du 3e lien au cours des quatre prochaines années (comme le promet la CAQ) ne serait « pas réaliste ».

« Peut-être que ce n’est pas la personne qu’il faut à cet endroit-là », a réagi le député caquiste Éric Caire, qui demeure convaincu de la possibilité d’économiser du temps en optant immédiatement pour le tracé empruntant l’île d’Orléans.

 

PROCHAINE ÉTAPE

Fin 2018 : Résultats de l’étude des besoins

  • Deux tracés seront éliminés. Trois tracés seront retenus.

Été 2020 : Résultats de l’étude des solutions

  • Un seul tracé sera alors retenu.

Fin 2020 : Approbation du dossier d’opportunité par les autorités gouvernementales


De 2021 à 2026 : Élaboration du dossier d’affaires

  • Études complémentaires et investigations
  • Étude d’impact sur l’environnement
  • Conception, plans et devis

2026 : Approbation du dossier d’affaires par le Conseil des ministres

  • Début de la construction

 

LES 5 SCÉNARIOS À L’ÉTUDE

À L’OUEST

1. Entre la route Lagueux, sur la rive sud, et l’autoroute 40 à Saint-Augustin-de-Desmaures.

À L’EST

2. Entre l’avenue Taniata à Saint-Romuald et l’autoroute Robert-Bourrassa Nord.

3. Entre la raffinerie Valero sur le chemin des Îles et l’autoroute Laurentienne.

4. Entre le secteur du chantier Davie et l’autoroute Félix-Leclerc Nord

5. Entre la route Lallemand dans le quartier Lauzon, la pointe de l’île d’Orléans et la jonction des autoroutes Dufferin-Montmorency et Félix-Leclerc.

 

Des réactions

L’annonce sur le futur troisième lien a provoqué de très vives réactions, tant dans la classe politique,  que chez des organismes concernés par la question.

La ministre déléguée Véronyque Tremblay.
Photo d'archives

« Ils sont dans la continuité de ce qu’ils font depuis le début, c’est-à-dire essayer de retarder le projet autant que faire se peut. [...] Tout le monde sait que le corridor naturel, c’est la pointe de l’île. » — Éric Caire, député de La Peltrie et porte-parole de la Coalition avenir Québec pour la Capitale-Nationale

La ministre déléguée Véronyque Tremblay.
Photo d'archives

« Les résultats sont très décevants. On n’apprend rien. [...] On trouve vraiment irresponsable de s’engager envers la population dans un troisième lien en 2026, et même en 2018-2019 avec les caquistes, sans même qu’on ait attendu les résultats des études du Bureau de projet. » — Diane Lavallée, candidate du Parti québécois dans Taschereau

La ministre déléguée Véronyque Tremblay.
Photo d'archives

« Qu’il soit à l’est ou à l’ouest, le troisième lien n’est pas la solution ! C’est vrai qu’il y a des problèmes de congestion à Québec, mais il y a des solutions moins chères et plus efficaces. Il faut penser à long terme et construire des infrastructures durables en transport en commun. » — Sol Zanetti, candidat de Québec solidaire dans Jean-Lesage

La ministre déléguée Véronyque Tremblay.
Photo d'archives

« L’amélioration de la mobilité est une priorité à Québec. Un an et demi après l’annonce de la création du bureau de projet sur le troisième lien et à quelques jours du déclenchement des élections, nous aurions aimé que le gouvernement soit en mesure de donner plus d’informations aux électeurs de la région. »  — Jean-François Gosselin, chef de l’opposition à l’Hôtel de Ville de Québec

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Photo d'archives

« Pour nous, c’est un gros show qui vient nous rappeler qu’on est à la veille d’une campagne électorale. On dirait qu’on met de côté les alternatives d’optimisation [des infrastructures routières existantes et du transport en commun] et on aurait voulu avoir ces informations-là donc on est un peu déçus. » — Étienne Grandmont, Accès transports viables

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Photo d'archives

« Les faits saillants dévoilés [hier] démontrent que le projet chemine. Dans une optique de développement économique, nous continuerons de suivre le dossier de près et n’hésiterons pas à sonder nos membres le temps venu. » — Julie Bédard, présidente de la Chambre de commerce de Québec

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Photo d'archives

« Le Parti conservateur a toujours appuyé l’idée du troisième lien. On est prêt à travailler avec les municipalités et la province pour les aider à travailler sur les dossiers qu’ils priorisent. » — Pierre Paul-Hus, député fédéral de Charlesbourg–Haute-Saint-Charles, Parti conservateur du Canada

La ministre déléguée Véronyque Tremblay.
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« C’est aux provinces de prioriser leurs chantiers d’infrastructures, et en ce moment, on est encore loin d’une demande de Québec. Il y a beaucoup d’analyses et d’études qui doivent se faire avant d’en être à ce stade. — Joël Lightbound, député fédéral de Louis-Hébert, Parti libéral du Canada