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Quand la honte change de camp

Quand la honte change de camp
photo d'archives Sophie Côté

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Ouin, mais elle se promenait à deux heures du matin en jupe courte, à quoi elle pensait?

Ouin, mais elle l’a suivi jusque dans sa chambre d’hôtel, c’est de sa faute!

Ouin, mais veux-tu bien me dire pourquoi elle a envoyé des photos d’elle nue à ses camarades de classe?

Heureusement, cette semaine, la honte a changé de camp. Le Séminaire des Pères Maristes a finalement pris la décision de ne pas réintégrer les élèves fautifs en septembre.
 
Suite à cette annonce, dans l’espace commentaire du  Journal, on lit ceci : «Comment se fait-il que des parents n'ont pas encore compris qu'ils doivent parler à leurs jeunes filles des dangers qui les guettent si elles acceptent de jouer aux jeux des photos inappropriées?»
 
Encore la faute des filles.
 
Mais aussi, ceci en guise de réponse: «Où étaient les parents des garçons quand ils harcelaient, semble-t-il, ces filles pour avoir d'elles des photos provocantes?».
 
Encourageant, n’est-ce pas?
 
Et ce n’est pas tout! La majorité des commentaires vont dans le sens suivant: le combat a été gagné. Le Séminaire, quoique ce fût long, a pris la bonne décision, soit celle de protéger les victimes.
 
Suite à l’affaire #Metoo, nous avons assisté à une prise de conscience planétaire qui commence à se faire ressentir dans la façon dont les gens interprètent ce genre de situation. Le blâme n’est plus systématiquement jeté sur la victime, mais sur les agresseurs. Enfin!
 
C’est tout à fait logique, non?
 
Tout ça donne espoir, mais il faut continuer le travail en éduquant les garçons et les hommes afin que plus jamais il ne leur passe par la tête de faire de telles demandes aux filles.
 
Boys will be boys? Non, car comme le dit la chanson, le monde et les temps changent.