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Asia Argento et #MeToo: la crédibilité

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Quand une tête d’affiche du mouvement #MeToo fait les manchettes pour avoir prétendument agressé sexuellement un mineur, le message envoyé est plutôt rassurant : tous les prétendus agresseurs ont droit au même traitement.

Personne n’est intouchable, quel que soit son sexe ou son statut, et ce, même quand on est le porte-voix des victimes.

C’est le New York Times qui a révélé cette histoire qui bouleverse et ébranle la planète #MeToo.

Peu de temps après avoir été l’une des premières à dénoncer publiquement les agissements du richissime producteur hollywoodien Harvey Weinstein – qui l’aurait violée en 1997 –, Asia Argento, actrice et réalisatrice italienne de 42 ans, aurait tenté d’acheter le silence de sa prétendue victime, un mineur à l’époque, en lui versant 380 000 $. Les avocats du garçon demandaient 3,5 millions $.

« Pas d’impunité »

Les réactions face à cette nouvelle troublante, mettant en scène une victime devenue agresseuse, sont vives et épidermiques, comme l’est ce sujet depuis les premières vagues de dénonciations menées, ironiquement, par Asia Argento.

Et ça se comprend.

Il y a quelques semaines à peine, dans un discours qui a marqué les esprits à Cannes, l’actrice mettait en garde les agresseurs sexuels avec cette déclaration-choc : « Nous n’allons pas vous laisser vivre dans l’impunité. »

Un test de crédibilité

Le mouvement #MeToo et les féministes (j’en suis une bien assumée) se doivent d’accueillir les accusations de Jimmy Bennett contre Asia Argento avec autant d’empathie et de bienveillance qu’ils le feraient pour toutes les autres prétendues victimes. Il en va de leur crédibilité.

D’autant plus que des faux pas ont déjà été faits très récemment.

Le 13 août dernier, le New York Times publiait qu’Avital Ronnell, une féministe et philosophe américaine de renommée mondiale, était accusée par l’un de ses étudiants, de l’avoir harcelé sexuellement, physiquement et verbalement pendant trois mois. Le soutien qu’elle a reçu de la part de mouvements féministes en a outré plusieurs.

Les ennemis du féminisme et ceux qui en ont contre ces vagues de dénonciations contre des harceleurs et des agresseurs sexuels surveillent chaque incohérence qui pourrait laisser croire que le mouvement #MeToo n’en est pas un contre les agressions sexuelles, mais bien contre les hommes.

Il ne faudrait pas leur donner davantage de munitions.

Un crime n’en efface pas un autre

Cela dit, ce n’est pas parce qu’Asia Argento, le fer de lance de #MeToo, est aujourd’hui montrée du doigt pour avoir agressé un mineur qu’elle ne peut pas elle-même l’avoir été par Weinstein­­­.

Si ces accusations à l’égard de l’Italienne la discréditent en tant que porte-parole de cet important mouvement, elles ne portent pourtant pas ombrage à son témoignage de victime.

Un crime n’en effacera jamais un autre.

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