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Trois mesures pour l’éducation

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Le Québec a fait d’énormes progrès en éducation depuis cinquante ans. Mais il reste encore beaucoup à accomplir.

Pour les élèves et parce que nous sommes en compétition avec des pays qui peuvent se payer le luxe d’un mauvais système d’éducation. En Chine par exemple, le par-cœur l’emporte sur l’esprit critique. Mais le très grand nombre d’élèves et les difficiles examens d’entrée à l’université compensent pour ces lacunes. Aux États-Unis, le racisme, la violence et la rectitude politique entravent le système d’éducation. Mais les États-Unis attirent toujours les meilleurs étudiants étrangers. Étant donné son petit bassin de population, le Québec doit posséder un système d’éducation exemplaire. Nous n’y sommes pas encore. Trois mesures peuvent aider notre système d’éducation.

1) Diviser le ministère de l’Éducation

Nous n’avons pas de portrait exact de la performance de notre système d’éducation. C’est que le ministère de l’Éducation est à la fois juge et partie. C’est lui qui crée et administre les programmes, mais c’est aussi lui qui les évalue. Le ministère de l’Éducation doit être scindé en deux. La partie qui évalue la performance des élèves doit devenir indépendante de ce ministère. Ainsi seulement pourra-t-on stopper la manipulation des résultats des examens ministériels. Ainsi seulement aura-t-on une idée juste des forces et des faiblesses de notre système d’éducation.

2) Briser le monopole des facultés d’éducation

En cinquante ans, les facultés d’éducation des universités ont réussi à imposer que les professeurs du niveau secondaire soient des diplômés en éducation. C’est une absurdité et du corporatisme déguisé. Les diplômés des facultés d’éducation devraient être confinés à l’enseignement au niveau primaire. Il est plus que temps que les disciplines du secondaire soient enseignées par de véritables passionnées et par de véritables spécialistes de ces matières. Que les mathématiques soient enseignées par des gens qui détiennent des baccalauréats ou des maîtrises en mathématique, le français, par des diplômés en littérature, les sciences, par des diplômés en sciences, etc. Sauf exception, les compétences et les connaissances des diplômés des facultés d’éducation sont nettement insuffisantes pour enseigner ces matières au secondaire. Il faut donc ouvrir les portes des écoles secondaires aux diplômés des disciplines qui sont enseignées au secondaire. Il faut fermer les portes des écoles secondaires aux diplômés en éducation.

3) Donner plus de pouvoirs aux écoles et aux députés

Avec un système d’évaluation indépendant du ministère de l’Éducation, avec des professeurs compétents et passionnés, les écoles seront bien mieux outillées pour répondre à leurs besoins spécifiques. Ce sera l’occasion d’abolir l’échelon électoral des commissions scolaires. Plus de pouvoirs devraient être dévolus aux directions d’école, avec les budgets nécessaires, tandis que la coordination régionale devrait tout simplement être remise entre les mains du député local, qui administrerait directement un petit bureau scolaire. Le prestige et l’autorité des députés en sortiraient renforcés. Des économies pourraient résulter de cette réorganisation et les députés seraient encore plus attentifs aux questions d’éducation.

Les trois mesures ne règlent pas tous les problèmes, mais elles augmentent la souplesse et la qualité du système d’éducation, ce qui lui permettrait de mieux évoluer en fonction des besoins. Par exemple, avec ce système, une école pourrait décider de réintroduire les divisions entre les classes enrichies, régulières et allégées, là où le nombre d’élèves en difficulté est élevé. Le système national d’évaluation indépendant pourrait ensuite valider l’efficacité de la mesure. Et le député local veillerait à ce que de correctifs soient appliqués si nécessaire.