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La Ville de Saint-Augustin-de-Desmaures fait appel à l’UPAC pour enquêter sur la gestion de l'ancien maire Corriveau

La Ville de Saint-Augustin-de-Desmaures fait appel à l’UPAC pour enquêter sur la gestion de l'ancien maire Corriveau
Photo d'archives, SIMON CLARK / JOURNAL DE QUEBEC

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Les élus municipaux de Saint-Augustin-de-Desmaures adopteront une résolution, mardi soir, pour demander à l’UPAC d’enquêter sur «l’ensemble des années de gouverne» de l’ancien maire Marcel Corriveau.

En juillet dernier, le ministère des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire (MAMOT) a dévoilé un rapport dévastateur au sujet de la gestion des contrats et des projets par l’ancienne administration.

Les reproches sont graves et nombreux : contrats injustement octroyés sans appels d’offres ou fractionnés, appels d’offres discriminatoires, mauvaise gestion des projets et des emprunts, etc.

«Des opérations de la Ville de Saint-Augustin-de-Desmaures n’ont pas été gérées en conformité avec la réglementation applicable et selon les bonnes pratiques en vigueur », a conclu le sous-ministre du MAMOT, Marc Croteau, au terme d’un long exercice de vérification entrepris à l’automne 2015, à la demande du maire Juneau.

En juillet dernier, l’ancien maire Corriveau, avocat de formation, disait avoir toujours agi de bonne foi. «À l’époque, je pense qu’on a fait ce qu’on pensait correct. C’est facile de jouer au gérant d’estrade et de blâmer les gens après». Il n’a pas été possible de le joindre à nouveau au moment d’écrire ces lignes.

C’était «tout croche», dit Juneau

Le conseil municipal va déposer la lettre du sous-ministre, ce mardi, et la lire intégralement. Mais pour le maire Sylvain Juneau – qui a succédé à Marcel Corriveau en 2015 et qui a maintes fois dénoncé les pratiques de son prédécesseur – l’affaire ne peut se terminer ainsi, sans que personne n’en subisse les conséquences.

«Le rapport a confirmé tout ce que je dis depuis plusieurs années. C’était tellement tout croche que ça n’a pas de bon sens. Les vérificateurs du MAMOT ont fait ce constat-là mais ça ne suffit pas. Aucun membre de l’équipe Corriveau n’a été interrogé», rappelle-t-il en entrevue. Voilà pourquoi il compte faire appel à l’Unité permanente anticorruption (UPAC), puisque les policiers ont des pouvoirs d’enquête que les vérificateurs du MAMOT n’ont pas.

La loi violée «à répétition»

L’ex-maire Corriveau et son équipe ont fonctionné pendant des années «comme si la loi n’existait pas ou comme si cette dernière était mal adaptée à la réalité et aux besoins de notre ville», a ajouté M. Juneau en milieu d’après-midi dans un communiqué. «Ces individus ont pris de mauvaises décisions qui ont outrageusement endetté les citoyens pour des années en violant les règlements et la loi à répétition», a-t-il martelé.

Rappelons que Sylvain Juneau a été élu une première fois à la mairie de Saint-Augustin lors d’une partielle, en juin 2015, à la suite de la démission de M. Corriveau, en promettant de faire le ménage. Il a ensuite été réélu en 2017.

Pas la première fois

L’UPAC est déjà débarqué à l’hôtel de ville de Saint-Augustin, en mars 2014, à la suite de la dénonciation de l’ex-greffière qui avait été congédiée.

Cette intervention, très médiatisée, faisait également suite aux déclarations de l’ancien directeur des travaux publics, Jean-Claude Desroches, qui disait avoir subi des pressions pour que des contrats soient octroyés sans appel d’offres à une firme d’ingénieurs qui aurait contribué à la campagne électorale du maire en 1997.

Aucune accusation n’avait toutefois été portée contre qui que ce soit à la suite de la frappe de l’UPAC. En mars 2015, la mairesse suppléante France Hamel, qui était dans l’équipe de M. Corriveau, avait obtenu la confirmation que l’enquête était close.

EXTRAITS DU COMMUNIQUÉ DU MAIRE SYLVAIN JUNEAU :

« Il est déplorable que ce rapport ait pris près de trois ans à sortir, parce que les responsables du gâchis sont aujourd’hui assis bien tranquilles chez eux et ne sont plus en poste pour répondre de leurs actes. Cela a tout de même le mérite de mettre en lumière les « fling flang » passés et a une valeur de principe. Et bien qu’il ne traite que d’une partie des problèmes soulevés, le rapport confirme ce que j’ai dit et dénoncé au cours des dernières années et vient rectifier nombre des propos fallacieux qui ont été tenus pendant de trop nombreuses séances du conseil de 2015 à 2017.»

«Cela dit, le MAMOT confirme que, comme dans tous les cas de rapports de vérification, l’Unité permanente anticorruption (UPAC) est mise au courant et reçoit les documents. Il revient alors à l’UPAC de décider si elle souhaite aller plus loin. Le rapport de vérification soulève trop d’irrégularités pour en rester là.»

«L’UPAC possède ces pouvoirs d’enquête. C’est pourquoi je vais présenter ce soir en séance du conseil une proposition de résolution à l’effet de demander formellement à l’UPAC d’ouvrir une enquête sur l’ensemble des années de gouverne de l’équipe Corriveau. J’invite les autorités de l’UPAC à considérer très sérieusement cette requête.»