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Gestion de l’offre: «Just watch me» lance Couillard

Il reprend les mots prononcés par Pierre Elliott Trudeau lors de la Crise d’octobre

Gestion de l’offre: «Just watch me» lance Couillard
Photo d'archives, Dominick Gravel/Agence QMI

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RIVIÈRE-DU-LOUP | Le chef libéral Philippe Couillard, qui se dit maintenant prêt à faire front commun avec ses adversaires, prévient Justin Trudeau qu’il y aura «des conséquences politiques sérieuses» si jamais il fait des concessions sur la gestion de l’offre.

Maintenant qu’une entente a été conclue entre les États-Unis et le Mexique dans le cadre de la renégociation de l’ALENA, il semble que les négociateurs canadiens seraient désormais prêts à offrir des concessions aux Américains sur la gestion de l’offre.

« Si quelqu’un croit qu’ils peuvent passer au travers du Québec, sans notre consentement, politiquement, ce sera un désastre. Je ne fais qu’envoyer ça comme message clair », a réagi le premier ministre sortant.

Questionné mercredi matin à savoir jusqu’où il était prêt à aller, «Just watch me (Regardez-moi faire)», a laissé tomber le premier ministre, en reprenant les mots prononcés par le premier ministre canadien Pierre Elliott Trudeau lors de la Crise d’octobre, en 1970.

Legault abonde dans le même sens

« J’insiste juste pour dire que oui, ils tiennent le crayon, mais il y aura des conséquences politiques sérieuses à poser un geste semblable », a martelé M. Couillard.
« Ça aurait des répercussions catastrophiques pour le Québec », a abondé dans le même sens son rival caquiste François Legault, qui faisait campagne en Beauce.

Le chef de la CAQ a indiqué que s’il fallait que M. Trudeau accepte de telles concessions, il « débarquerait physiquement à Ottawa pour le convaincre » de ne pas signer.

« C’est facile dire watch me, a plus tard ajouté M. Legault en réaction aux propos de M. Couillard. On l’a watché depuis quatre ans et on a vu qu’il n’a pas défendu les intérêts des entreprises québécoises. »

« Je l’ai watché depuis trois ans, a aussi réagi Jean-François Lisée. Il a accepté des concessions avec le contrat européen, avec le contrat de transpacifique sans compensation. »

Pas de concession

Le chef du PLQ, qui avait indiqué mardi soir qu’il n’était « pas intéressé » à faire front commun avec ses vis-à-vis des autres partis pour défendre la gestion de l’offre, se dit maintenant « disposé à signer une lettre » avec eux.

À l’origine de l’initiative, Jean-François Lisée s’est dit encouragé par la volte-face de Philippe Couillard.

« Je suis content que, contrairement à hier, le PM admette que l’intérêt de la nation est plus important que sa propre gestion des communications ».

Front commun sans déclaration

M. Couillard a toutefois fermé définitivement la porte à une déclaration commune qui serait prononcée par les chefs de partis .

« Je ne me tiendrai pas aux côtés de (François Legault) et dire que nous allons ensemble défendre la gestion de l’offre, alors qu’il n’a rien fait à ce sujet au cours des dernières quatre années et demie. »

À la demande de Justin Trudeau, M. Couillard participera jeudi après-midi à une conférence téléphonique sur la renégociation de l’ALENA avec les premiers ministres des autres provinces.

– Avec la collaboration de Geneviève Lajoie et de Charles Lecavalier