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Plaintes de harcèlement: les fonds publics pour préparer la défense de Gilles Lehouillier

Plaintes de harcèlement: les fonds publics pour préparer la défense de Gilles Lehouillier
Photo d'archives Pascal Huot

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Aussitôt qu’il a su que Le Journal enquêtait sur des allégations de harcèlement psychologique le concernant, le maire de Lévis a préparé sa défense aux frais des contribuables.

Dès le début de 2018, Gilles Lehouillier a mis en place un plan de communication.

Aux frais des contribuables de Lévis, il a envoyé des mises en demeure à d’anciennes employées, les avisant qu’«il est clairement interdit d’utiliser, diffuser, transférer, donner, reproduire ou autrement communiquer à quelque personne que ce soit des renseignements confidentiels acquis dans le cadre de votre emploi». La missive venait de Rivard Fournier, Avocats, s’identifiant comme «les procureurs du cabinet de la mairie de la Ville de Lévis».

Les procureurs mettaient en demeure les anciennes employées de «nous remettre dans les 24 heures de la présente tous les fichiers, quels qu’ils soient [...] et de n’en conserver, sans exception, aucune copie».

M. Lehouillier a aussi fait appel à une firme de relations publiques, toujours aux frais des citoyens, afin de le conseiller dans la gestion de cette crise. Selon nos sources, des employés municipaux ont été avisés de se tenir prêts à réagir jour et nuit si la nouvelle devait être publiée.

Rencontres convoquées d’urgence

Selon nos informations, le maire a aussi avisé le directeur général de la Ville, Simon Rousseau, que diverses personnes se confiaient au Journal. Deux rencontres ont ainsi été convoquées d’urgence à l’hôtel de ville.

La première, sollicitée par le maire, a regroupé les membres de son cabinet. La seconde a été organisée par M. Rousseau, qui a convoqué les hauts fonctionnaires. Il a invité les directeurs à dire à leurs employés de ne pas hésiter à déposer des plaintes s’ils ont été témoins ou victimes de propos ou de gestes déplacés.

Jeudi, M. Rousseau était en vacances et c’est Christian Tanguay, directeur général adjoint qui a parlé au nom de la direction générale. Il a affirmé que la Ville n’a pas le pouvoir de suspendre le maire ou de lui demander de se retirer. Lévis ne compte pas mener une enquête interne, mais «collaborera entièrement» à celle de la CNESST.

La Commission municipale pourrait cependant être saisie d’une plainte pour manquement au code d’éthique. Celui-ci prévoit à Lévis que les membres du conseil doivent agir avec respect envers les employés et «faire preuve de civilité, de politesse». Les sanctions peuvent aller de la réprimande à la suspension sans rémunération pendant un maximum de 90 jours.